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Edith Piaf censurée au Québec

La décision d’un enseignant de “censurer” le débat sur un passage de la chanson d’Edith Piaf “L’Hymne à l’amour” parce qu’il contenait le mot “Dieu” a suscité la controverse jeudi dans les médias et même au parlement du Québec.

Deux ministres du gouvernement de la province francophone se sont indignées de cette “censure” ayant frappé la dernière ligne de la chanson, “Dieu réunit ceux qui s’aiment”. Le professeur de musique d’une école de la ville de Sorel-Tracy a décidé de ne pas parler de cette phrase pour ne pas avoir à aborder un thème religieux avec ses élèves âgés de 10 ou 11 ans.

La ministre de l’Education Line Beauchamp s’en est indignée, tout comme celle de la Culture, Christine Saint-Pierre, qui a crié à la “censure”. “Premièrement, on ne change pas les paroles d’une chanson comme ça. Deuxièmement, au Québec, il n’y a pas d’interdiction de dire le mot Dieu, ni Jésus. Il y a plein de chansons québécoises où l’on parle du bon Dieu”, a renchéri Mme Beauchamp.

La commission scolaire de Sorel-Tracy a apporté son soutien à l’enseignant, a indiqué à la télévision son directeur général Alain Laberge. Il a expliqué que le professeur avait fait jouer intégralement la chanson mais “ne se sentait pas à l’aise pour parler de religion” et a conseillé aux élèves d’en discuter “avec leurs parents ou en cours d’éducation religieuse”.

Le Québec a connu pendant des siècles une présence très forte de l’Eglise catholique qui gérait notamment l’enseignement et les hôpitaux et jouait aussi un rôle important pour l’identité des Français d’Amérique. Ce rôle a considérablement faibli avec la “révolution tranquille” des années 1960 qui a entraîné la laïcisation accélérée de la province francophone.

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