Subscribe

Élection AFE : chassé-croisé dans le Midwest

Alors que le vote par Internet commence mercredi 20 mai, pour élire les  représentants à l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE), les candidats poursuivent leur campagne pour tenter de remporter, le 7 juin, les 11 sièges en jeu. France-Amérique continue son tour d’horizon des quatre circonscriptions avec celle de Chicago, où se présentent Charles Balesi et Marc Billon.

Charles Balesi n’en est pas à sa première candidature. Élu en 2003 comme représentant à l’Assemblée des Français de l’Étranger (alors appelé Conseil supérieur des Français de l’étranger), dans la circonscription de Washington, il se présente cette année avec l’Union des Français de l’Étranger, dans celle de Chicago, qui vient seulement d’être créée. Fendu à l’exercice, il préfère ne pas prendre de risques et passe beaucoup de temps sur les routes, à la rencontre des électeurs. Un jour à Detroit ou à Minneapolis, l’autre à St. Louis… un programme chargé car enfin, « rien n’est garanti », explique le candidat.

Jusqu’ici, il n’a pas croisé son adversaire Marc Billon, ingénieur de profession qui passe également beaucoup de temps en déplacement pour faire campagne sur le thème du changement. « C’est vrai que la taille du territoire à couvrir (ndlr, 13 États du Midwest) est un obstacle majeur », explique le candidat soutenu par l’ADFE-Francais du Monde. « J’ai limité mes déplacements à Minneapolis, Chicago et Detroit, où sont concentrées les communautés françaises. Et je communique aussi beaucoup par email pour transmettre au plus grand nombre un message citoyen. » La nuance est importante, car les candidats, au grand dam de Marc Billon, n’ont pas le droit de faire de propagande en vue d’élections françaises qui se déroulent à l’étranger (loi du 7 juin 1982). Et cela y compris sur Internet. « Cela profite à mon opposant, qui en tant qu’élu sortant peut axer sa communication sur son bilan », regrette-t-il.

Charles Balesi et Marc Billon se présentent tous les deux avec une suppléante, dont le choix peut s’avérer stratégique. « Il est important de parler aussi d’Aline Delpierre-Silberg, une avocate française qui s’est reconvertie et a obtenu sa licence de massothérapeute », précise Charles Balesi. « Pendant la campagne, elle est très présente sur Chicago, où elle réside avec ses enfants. Elle sera certainement appelée d’ailleurs à me succéder en cours de mandat, car je pense lui passer la main d’ici quelques années  », confie-t-il.

Face à ce défenseur de la langue française, professeur et officier de réserve à la retraite, père de quatre enfants, habitué des tournées et des conférences, le très actif Marc Billon, dont c’est la première candidature, peut compter sur l’expérience de son « bras droit », Sylvette Nicolini, l’ancienne directrice du lycée français de Chicago. Ce dernier considère également que « les contacts que j’ai pu établir avec le temps, me permettent aujourd’hui de donner des informations précises aux gens qui m’interrogent sur des problèmes d’emploi ou d’État civil par exemple. »

Comme partout ailleurs sur le territoire américain, l’accès à l’enseignement du français et son coût préoccupent beaucoup les Français du Midwest. Les familles qui habitent trop loin d’un établissement homologué par l’Éducation nationale, vont à la pêche aux informations concernant leurs options,  et celles qui n’ont pas les moyens d’y envoyer leurs enfants s’intéressent aux systèmes de bourses.

Les tracasseries administratives, et notamment les conditions de délivrance des passeports biométriques, font également partie des questions qui reviennent souvent. « C’est vrai que pour faire établir ce document, il faut se déplacer deux fois à Chicago, ce qui relève parfois de l’expédition pour un habitant de Minneapolis », souligne Charles Balesi dont le rôle d’élu consiste souvent à orienter les expatriés vers l’information déjà disponible.

La deuxième circonscription comprend les régions de Detroit, où le secteur automobile est en pleine mutation, et de Chicago, un centre financier, également touché par la récession. Charles Balesi dit avoir constaté avec un peu de surprise, lors de ses tournées dans le Michigan, que « les entreprises françaises se préparaient à répondre présent aux premiers signes de redressement ».

Il n’en reste pas moins que « les sujets qui reviennent le plus souvent concernent la situation de certains Français en ces temps difficiles. La crise économique frappe des résidents de longue date ou encore les expatriés employés dans le secteur industriel de Detroit, par exemple, qui se préparent donc à un possible retour en France », explique Marc Billon.

Les deux hommes vont continuer leur chassé-croisé, accumulant des kilomètres pour rencontrer des groupes qui comptent parfois seulement 20 personnes. Ils sont de temps en temps soutenus dans leur démarche par des sénateurs de l’étranger appartenant à leur famille politique, qui se relaient aux États-Unis, pour leur prêter main forte. L’important étant que les Français des États-Unis votent. Tous espèrent que le taux de participation sera à la hauteur des efforts fournis.

www.charlesbalesi.com

www.adfe.org/chicago/

À lire aussi

Circonscription de Houston : la solitude de Damien Regnard

Onze conseillers pour les expatriés d’Amérique

Assemblée des Français de l’Étranger : des candidats interdits de campagne

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related