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Elizabeth Colomba redonne de la couleur à l’histoire

ATTENTION : L’EXPOSITION A ÉTÉ REPORTÉE À UNE DATE ET UN LIEU ENCORE INDÉTERMINÉS, EN RAISON D’UN PROBLÈME TECHNIQUE À LA GALERIE CLOVER.

A partir du 16 novembre et jusqu’au 13 janvier, la Clover’s Fine Art Gallery à New York expose les toiles de la Française Elizabeth Colomba. “I am Woman” met en avant les personnages de couleur dans l’histoire.

“Je veux recréer l’histoire en prenant en compte une ethnicité peu représentée.” Elizabeth Colomba ne tourne pas autour du pot. Ses toiles portent un message et elle l’affirme. “On voit toujours, dans les tableaux historiques, la communauté noire en position d’infériorité. Forcément, cela conditionne nos esprits.” Pour prendre le contre-pied de ce phénomène, cette peintre française qui expose bientôt son travail à Brooklyn choisit de revenir dans le temps et de donner à voir autre chose : “il est important de créer quelque chose de visuel pour insérer les Noirs dans l’histoire d’une manière valorisante”, explique-t-elle en toute simplicité.

Habitant Harlem depuis deux ans et demi, Elizabeth a vécu auparavant à Los Angeles pendant dix ans. Elle est storyboardiste de métier, autrement dit elle dessine les planches qui permettent au réalisateur d’un film de prévisualiser, plan par plan, ce qui apparaîtra à l’écran. Modeste, elle n’évoque pas d’emblée qu’elle a travaillé pour des productions très connues telles Two Days in New York, de Julie Delpy, A Single Man, de Tom Ford, le blockbuster Salt avec Angelina Jolie, et bien d’autres.

“Militante discrète”

La peintre a choisi de quitter la Californie pour la côte est, avec l’objectif d’accorder plus de temps et de place à ses toiles. Favorisant l’huile mais pratiquant bien volontiers le dessin et l’aquarelle, elle travaille en ce moment sur une série représentant les quatre saisons, mais aussi sur la légende de Psychée et Eros, couple qu’elle a rendu biculturel dans ses œuvres.

“Je m’inspire de thèmes anciens, religieux ou païens, de peintures classiques”, explique celle qui mentionne au passage Ingres et Vermeer. Son art semblerait presque être d’époque. Elizabeth Colomba a fait beaucoup de recherches sur les vêtements au fil des siècles par exemple et se félicite d’apprendre beaucoup de choses. “L’histoire moderne est là, documentée et visible. Ce qui m’intéresse c’est le temps où l’histoire noire n’était pas célébrée.” Celle qui se dit “militante discrète” ne cherche pas à marteler une idée, mais suggère que, “idéalement, l’art doit être militant et beau.”

Aux quelques Américains étonnés de son choix, parfois même offensés, elle rétorque : “Pourquoi devrais-je peindre autre chose ? On ne demande pas à un Blanc pourquoi il peint des Blancs. On peint ce qu’on connaît, c’est logique !” L’artiste formule élégamment son intention : “pigmenter une histoire occidentale.”

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