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Embauche des étudiants étrangers : une nouvelle circulaire attendue mercredi

Le gouvernement doit mettre au point demain un nouveau texte sur le recrutement des étudiants étrangers hautement qualifiés, dispositif destiné à corriger ce qui a été décrit par Claude Guéant comme les “malentendus” de la circulaire controversée du 31 mai.

Les ministres de l’Intérieur Claude Guéant, du Travail Xavier Bertrand et de l’Enseignement supérieur Laurent Wauquiez vont recevoir les présidents de la Conférence des grandes écoles, de la Conférence des présidents d’universités et de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs, afin d’aborder avec eux l’accès au marché du travail des diplômés étrangers formés en France.

La réunion doit se conclure, assure-t-on Place Beauvau, par la rédaction d’une “circulaire complémentaire” à celle du 31 mai, qui avait suscité une mobilisation de l’université, des critiques de l’opposition et à l’étranger, et des réserves au sein même de la majorité. Le changement de statut va désormais coûter plus cher : depuis lundi 1er janvier, l’étudiant devenu salarié va s’acquitter d’une taxe de 349 euros et non plus de 85 euros.

Après avoir vigoureusement défendu la circulaire du 31 mai, assurant qu’elle n’était pas une source de droit mais une traduction d’une loi de 2006 sur l’immigration professionnelle, Guéant a fini par admettre des “malentendus”. Fin décembre, après une rencontre avec le président Nicolas Sarkozy, il a annoncé une “circulaire spécifique” aux étudiants étrangers. Et pour ne pas laisser prospérer l’idée d’une reculade, Guéant a expliqué qu’elle avait pour vocation de “compléter” et non de remplacer celle du 31 mai dont le retrait était réclamé par de nombreuses personnalités.

Tenu par son objectif de réduire l’immigration régulière, Guéant est accusé d’utiliser les étudiants étrangers comme levier de cette politique, au risque de priver la France de compétences qui ont choisi d’exercer leur talent dans ce pays où elles ont été formées. Le texte du 31 mai semble en contradiction avec l’option de “l’immigration choisie” défendue par le chef de l’Etat.

“L’accueil des étudiants étrangers constitue aujourd’hui un enjeu crucial dans le processus d’internationalisation des universités françaises et dans la constitution des réseaux avec les universités étrangères les plus prestigieuses”, a jugé de son côté François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle.

Le texte contesté demande aux préfets d’instruire “avec rigueur” les demandes d’autorisation de travail des étudiants, et d’exercer un “contrôle approfondi” des demandes de changement de statut des étudiants étrangers. Après sa publication, de nombreux diplômés étrangers, dont certains très qualifiés, qui avaient été recrutés dans des entreprises françaises, n’ont pas pu obtenir un changement de statut (d’étudiant à salarié). Les employeurs ont dû renoncer à les embaucher et plusieurs étudiants se sont retrouvés en situation irrégulière, sous la menace d’une reconduite à la frontière.

Au Medef, on explique que “ces jeunes sont très demandés. Ils sont sur des postes souvent à haute responsabilité à l’international, où on a besoin de ces talents particuliers, de ces nationalités. Ils ont une connaissance des langues, des marchés de leur pays. Ils ne prennent la place de personne”. Fin novembre, M. Wauquiez avait évoqué 500 étudiants étrangers auxquels les préfets avaient refusé le statut de salarié, dont plus de 250 qui avaient finalement obtenu une réponse positive après réexamen de leur dossier.

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