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En deux heures, trois policiers se suicident en région parisienne

Deux policiers se sont suicidés jeudi matin et un troisième est en état de “mort cérébrale” après un acte similaire, une série noire survenue en l’espace de deux heures en région parisienne, suscitant la réaction immédiate de la préfecture de police qui a convoqué une réunion.

Des enquêtes ont été ouvertes afin de déterminer la cause de ces suicides n’ayant pas de liens entre eux, de premières informations faisant état de “raisons et drames personnels” et non professionnels. La série noire a débuté vers 08H00 dans le XIXe arrondissement de Paris, quand un gardien de la paix en poste à la police judiciaire du Val-de-Marne, a mis fin à ses jours “à l’aide de son arme de service dans une voiture banalisée”, à Paris (XIXème). Il était “en état de mort cérébrale”, selon les sources policières.

Une heure plus tard un de ses collègues, en poste à la direction de l’ordre public (DOPC), a mortellement blessé son épouse chez lui à Chevilly-Larue (Val-de-Marne), avant de retourner son arme de service contre lui. Il se serait également servi de son arme de service pour se donner la mort. Vers 10H00, au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), un troisième gardien de la paix en poste en région parisienne, s’est pendu chez lui.

Le fait que ces suicides se soient étalés sur un laps de temps aussi bref relève du “hasard”, selon des sources syndicales policières. Mais la préfecture de police a immédiatement réagi. Assurant prendre “toute la mesure du problème” et exprimant son “émotion”, elle a organisé une réunion dans l’après-midi, sous l’égide du préfet Didier Martin, secrétaire général de l’adminisration policière. Elle a également mis en place “pour les familles ou les policiers qui le souhaitent un soutien psychologique”.

Selon la PP, ces suicides sont liés “à des difficultés d’ordre conjugal et privé”. Les suicides dans la police sont un problème récurrent, souvent tabou. Une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a fait valoir par exemple, en 2008, que le risque de suicide dans la police est supérieur de 36% à celui du reste de la population.

Il y a chaque année entre 40 et 50 suicides de policiers et les fonctionnaires passant à l’acte le font majoritairement avec leur arme de service. Ceux directement liés à des conditions de travail sont toutefois très rares, selon les études effectuées à ce sujet. Début juillet, une policière en poste à Cagnes-sur-mer a cependant mis fin à ses jours après avoir laissé une lettre dans laquelle elle évoquait “les réformes en cours qui compliquent la tâche au quotidien des fonctionnaires de police” et où elle remerciait son supérieur hiérarchique pour sa “mutation-punition”. Ses proches ont porté plainte contre X mardi pour “homicide involontaire” et “harcèlement moral”.

En octobre 2010, le ministère de l’Intérieur avait constitué quatre groupes de travail sur le sujet, dont l’un spécifiquement consacré à la question de l’arme de service. En 2008, un Comité central d’hygiène et de la sécurité de la police nationale (CCHSPN) s’était déjà penché sur cette question sensible, des syndicats de police s’étant inquiété d’un “pic” observé, selon eux, au début de l’année.

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