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En Haute-Savoie, Sarkozy défend le thème du “produire en France”

Le “produire en France” est devenu un “must” du discours politique: comme ses rivaux pour la présidentielle, le pré-candidat Nicolas Sarkozy a lui aussi enfourché mardi le thème de la “réindustrialisation” du pays, lors d’une visite en Haute-Savoie.

Depuis des semaines, impossible d’y échapper. Sur fond de chômage en hausse et de menaces de récession, les prétendants à l’Elysée ont refait une priorité du “produire au pays”, grand classique du slogan politique tricolore depuis le “achetons français” cher au Parti communiste. Le socialiste François Hollande bat les estrades en défendant le “patriotisme industriel”, le centriste François Bayrou a fait de la réindustrialisation son “obsession” et la présidente du Front national Marine Le Pen promis de faire voter une loi baptisée “achetons français” avec l’objectif très ambitieux de créer 500.000 emplois industriels en cinq ans.

Visiteur d’usines et harangueur d’ouvriers très assidu depuis 2007, Nicolas Sarkozy, a décidé de ne pas abandonner ce créneau à ses adversaires. Il a donc pris mardi la direction de Sallanches, au pied des Alpes savoyardes, pour une usine emblématique du groupe Rossignol. Racheté en 2005 par l’Américain Quicksilver, le fabricant de skis avait délocalisé sa production en Asie. Repris trois ans plus tard par des fonds américain et australien, il en a rapatrié une partie à Sallanches.

Devant la centaine de salariés de l’usine, le chef de l’Etat a applaudi le mouvement et redit ses convictions industrielles. “Je ne suis pas par principe contre l’implantation d’usines françaises dans d’autres pays, c’est normal qu’on construise en Chine des voitures qu’on veut vendre en Chine. Là où je ne suis pas d’accord, c’est qu’on fabrique à l’étranger des voitures pour les vendre ensuite en France”, a-t-il lancé, “notre politique, c’est d’encourager les entreprises à produire en France”.

Nicolas Sarkozy a toutefois pris ses distances avec ses concurrents, notamment Marine Le Pen qui lui dispute les suffrages d’un vote ouvrier sur lequel il avait assis sa victoire de 2007. “Tout le monde dit +acheter français+, je préfère dire +produire en France+”, a expliqué le président. “Je préfère même qu’on achète une voiture de marque étrangère produite en France plutôt qu’une voiture française fabriquée à l’étranger et vendue en France. Ce qui est important, c’est de produire en France”, a-t-il insisté, précisant refuser “qu’on donne un euro du budget de l’Etat à une entreprise française pour fabriquer ailleurs”.

Dans la foulée, Nicolas Sarkozy a pris la défense du label “origine France garantie”, décerné depuis peu à une quarantaine de produits incorporant au moins 50% de valeur ajoutée tricolore, une limite jugée trop faible par les chefs d’entreprises savoyards présents mardi. Vantant sa politique pour favoriser la compétitivité de l’industrie, le chef de l’Etat a défendu la fin de la taxe professionnelle, dénoncé les 35 heures et rappelé sa volonté de ne plus faire reposer le “financement de notre modèle social français sur le seul travail”, un sujet dont il veut faire une priorité de sa campagne à un second mandat.

Avant même ce discours, la gauche a brocardé le mauvais bilan de Nicolas Sarkozy, en la matière. Après une saignée de 260.000 emplois entre mi-2008 et mi-2009, l’industrie a encore perdu 72.000 emplois en 2010, selon l’Insee. Le porte-parole du PS Benoît Hamon a même chiffré cette hémorragie à 400 000 emplois depuis 2007. “Nous sommes entrés dans un véritable hiver industriel”, a-t-il déploré, ajoutant: “Ce n’est pas ce rossignol-là qui nous le fera oublier”.

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