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Encore une école française qui disparaît

La Portland French School (Oregon) fermera définitivement ses portes fin mai 2011. La raison officielle, une crise financière, qui cache en réalité un conflit entre le conseil d’administration et les professeurs.

Les tensions ont débuté pendant l’année scolaire 2009/10. Un malaise latent était déjà palpable au sein de la Portland French School (PFS). A l’origine du mécontentement des professeurs, de mauvaises conditions de travail et le désir d’être plus impliqué dans la vie pédagogique de l’école. « Une majorité des enseignants avaient commencé à se syndiquer au sein de l’AFT (American Federation of Teachers ndlr) », déclare Massene Mboup professeur à la PFS. « Quand les professeurs commencent à se syndiquer c’est qu’il y a un malaise » poursuit-il.
Une situation qu’a également perçue Pierre-Ludovic Perrot actuel directeur du primaire de la PFS, arrivé le 7 février 2011 en plein imbroglio. « Il y a un an le dialogue a été rompu entre l’administration et les enseignants. L’ancien chef d’établissement avait pris des décisions maladroites », reconnaît-il.

Discrimination et pressions

Dans un climat délétère, les premiers renvois de professeurs commencent. D’autres anticipent en démissionnant. « Le board usait de répression et de dénonciation pour dégrader le climat déjà désagréable de l’école » ajoute Massene. Le syndicat de professeurs finit par porter plainte contre le conseil d’administration le 27 août 2010. L’affaire est finalement portée devant le National Labor Relations Board qui ordonne, en décembre 2010, à la direction « de changer les mauvaises conditions de travail qui règnent dans l’école et d’arrêter toute discrimination et pression envers l’équipe enseignante».

«Il y a eu changement de logique du ‘board’ avec l’arrivée du nouveau directeur en février.  En avril, nous avons reçu une lettre nous expliquant que l’école se trouvait dans une situation d’urgence financière, à cause du peu d’inscriptions à l’école », explique Massene. « Dans cette lettre, les dirigeants de l’école demandaient aux parents de contribuer financièrement s’ils voulaient que l’école perdure. D’abord interne, le problème s’est ensuite propagé aux parents, ce qui a accentué les divisions dans l’école. Pour un enfant, ils ont dû verser $2000, 2500 pour 2 enfants et 3 000 pour trois ».

C’est impossible, selon le professeur qui rappelle que l’ancien directeur avait déclaré avoir assez d’argent pour ouvrir l’école jusqu’en avril 2012.
« Les parents attachés à l’éducation à la française ont même effectué une levée de fonds et ont récolté $195 000 pour que l’année scolaire se termine», s’emporte M. Mboup.

Motif officiel : une crise financière

« La crise financière cumulée à des décisions stratégiques de financement maladroites ont eu raison de l’école », tempère Pierre-Ludovic Perrot. « Il faut ajouter à cela la division de la communauté française concernant cette affaire et donc un niveau d’inscription insuffisant pour relancer une nouvelle année ».

Le directeur a fini par admettre que le syndicat, les plaintes et des stratégies financières hasardeuses ont eu raison de la Portland French School qui est aujourd’hui en liquidation judiciaire.

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