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“Entre les murs” en route pour les Oscars

“Entre les murs”, film sur le quotidien d’une classe de français dans un collège d’un quartier populaire de Paris, poursuit sa belle aventure: après la Palme d’or à Cannes, le film de Laurent Cantet part pour Hollywood où il concourt pour l’Oscar du meilleur film étranger.

Le cinéaste français Laurent Cantet s’est déclaré jeudi “très heureux et ému” que son film ait été retenu par l’Académie des arts et des sciences du cinéma, car il montre la France “dans toute sa mixité”. “Entre les murs”, qui représente la France, sera en compétition dans cette catégorie avec “Valse avec Bachir” (Israël) qui a remporté le 11 janvier le Golden Globe du film étranger, “La bande à Baader” (Allemagne), “Revanche” (Autriche) et “Departures” (Japon).

La cérémonie des Oscars se tiendra le 22 février au théâtre Kodak au coeur de Hollywood, quartier historique du cinéma, dans le nord-ouest de Los Angeles. L’Oscar du meilleur film étranger n’est plus revenu à la France depuis “Indochine” de Régis Wargnier en 1993.

Présenté le dernier jour de compétition à Cannes, ce long métrage qui restitue avec un naturel saisissant et une irrésistible drôlerie le quotidien de collégiens et leurs rapports mouvementés avec leur professeur, avait déjà raflé la mise en mai dernier à Cannes, contre toute attente. “Le film a une écriture magique, sa générosité est magique, tout était magique”, s’était enflammé l’acteur-réalisateur américain Sean Penn, qui présidait le jury cannois.

Projeté dans de nombreux festivals et sorti dans une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis (sous le titre “The Class”) où 625.000 personnes l’ont vu au total selon les chiffres fournis par Unifrance, le film a connu un vrai succès public en France, attirant 1,6 million de spectateurs en quatre mois. Mi-janvier, “Entre les murs” a remporté le Prix Lumières 2008, décerné par la presse étrangère en poste à Paris. “J’ai le sentiment que du coup cette reconnaissance du public et des professionnels du cinéma va m’éviter d’avoir à justifier une méthode pour mes prochains projets, va me donner une certaine force pour faire les films que j’ai envie de faire et surtout comme j’ai envie de les faire”, a ajouté Laurent Cantet.

Mi-documentaire mi-fiction, ce film d’un budget relativement modeste de 2,4 millions d’euros met en scène un professeur de français, François Bégaudeau — auteur du roman éponyme dont il s’inspire –, et des élèves de 13 à 15 ans, aux origines géographiques et sociales multiples, d’une classe de quatrième. Le tournage a été précédé, le temps d’une année scolaire, d’ateliers d’improvisation hebdomadaires au collège Françoise-Dolto, dans le XXe arrondissement de Paris, “où le film a mûri”, selon le mot du réalisateur.

Très souvent drôle — “J’aime pas les maths, les racistes et Materazzi”, lance Carl en faisant son auto-portrait –, “Entre les murs” a aussi ses moments émouvants et graves, l’école servant de “caisse de résonance” aux difficultés et aux inégalités sociales qui marquent la société française. Au fil de joutes oratoires cocasses ou tendues, le spectacle de l’apprentissage quotidien du français et de ses chausse-trappes, y est souvent jubilatoire. Pour Cantet — l’auteur de “Ressources humaines” (1999) et de “L’emploi du temps” (2001) –, le film montre, non pas “l’école telle qu’elle devrait être”, mais “l’école telle qu’elle est”.

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