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Epad: Jean Sarkozy défend sa candidature, son père et Fillon à la rescousse

Le fils du chef de l’Etat, Jean Sarkozy, probable futur président de l’établissement public de La Défense, a défendu mardi sa légitimité à exercer cette fonction, avec le soutien de son père et de François Fillon, tandis que les critiques continuaient de fuser à gauche.

“Tout ce qui donne en pâture une personne, sans fondement, de façon excessive, ce n’est jamais bien”, s’est insurgé le président Nicolas Sarkozy, en marge d’un discours sur la réforme du lycée.

L’arrivée de Jean Sarkozy à la présidence du quartier d’affaires des Hauts-de-Seine, vitrine économique de la France, à seulement 23 ans, suscite depuis plusieurs jours une vague de protestation dans l’opposition en France et des critiques ironiques dans la presse internationale.

Face au tollé, le jeune conseiller général est sorti du bois mardi dans un entretien à Métro pour tenter de justifier la légitimité de sa candidature. Venu à la rescousse, le Premier ministre François Fillon a estimé qu’il n’y avait “pas lieu de faire une polémique”.

Dans son discours sur les Lycées, le chef de l’Etat s’était indirectement immiscé dans le débat en expliquant que leur création en 1802 avait signifié “la fin des privilèges de la naissance”.

“Cela voulait dire: désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur, a-t-il dit. “Je ne demande aucun droit supplémentaire, mais je n’en demande pas moins non plus”, a plaidé son fils dans son interview en rejetant les critiques sur sa jeunesse, son manque d’expérience et sur le passe-droit que lui confèrerait son patronyme.

“On a voulu faire croire à une nomination (à la tête de l’Epad, ndlr). C’est un mensonge, alors qu’il s’agit au contraire d’une élection. Je n’ai jamais été nommé, toujours élu”, a-t-il expliqué en récusant les accusations de favoritisme.

Le fait de s’appeler Sarkozy “rend les choses plus difficiles, comme le prouvent les violentes attaques personnelles dont j’ai fait l’objet depuis le début”, a-t-il dit, justifiant sa rapide ascension par “sa passion” de la politique.

Assurant avoir informé son père et ses proches après avoir pris sa décision sur sa candidature, Jean Sarkozy a affirmé avoir “choisi de faire de la politique (dans les Hauts-de-Seine, ndlr), là où (sa) vie et (ses) racines (lui en) donnaient la légitimité”.

“Jean Sarkozy a été élu, d’abord, par les électeurs des Hauts-de-Seine, et ensuite par ses pairs, pour devenir le chef de la majorité du conseil général des Hauts-de-Seine. Et maintenant, il est désigné (par cette collectivité) pour prendre la présidence de l’Epad”, a insisté François Fillon, ajoutant: “c’est une élection, c’est une compétition”.

Mais le PS ne l’entend pas de cette oreille. Dans un communiqué, les secrétaires nationaux Marianne Louis (politique de la ville) et André Laignel (Aménagement du territoire et du développement local) ont demandé à Nicolas Sarkozy et à l’UMP “d’abandonner ce projet funeste qui fait déjà de la France la risée des démocraties”.

L’ancien premier secrétaire du PS, François Hollande, a exprimé pour sa part sa tristesse de voir le monde regarder la France “avec dérision, avec amusement et avec sarcasme”. “Je ne me satisfais pas de savoir que le nom de Jean Sarkozy soit devenu célèbre en Chine parce qu’il y aurait des promotions qui seraient celles du favoritisme”, a-t-il dit.

La presse étrangère s’empare de la polémique

De grands journaux européens se penchaient avec ironie sur la “carrière fulgurante”, voire “météorique”, du “Petit prince” Jean Sarkozy, le fils du président français dont la promotion annoncée à un poste important était évoquée jusqu’aux Etats-Unis.

En Allemagne, en Espagne comme en Grande-Bretagne, les gros titres relayaient les accusations de “népotisme” qui fusent depuis l’annonce de la probable accession, à 23 ans, du fils cadet de Nicolas Sarkozy à la tête de la société d’aménagement du plus grand quartier d’affaires d’Europe, la Défense, près de Paris.

“L’ascension de Sarkozy junior déclenche une tempête de népotisme pour Papa”, titrait à Londres The Independent, évoquant “colère et moqueries” chez les Français. “Un boulot en or pour le fils de Nicolas Sarkozy suscite des accusations de népotisme”, écrivait le Daily Telegraph.

A Munich, la Süddeutsche Zeitung évoque l’affaire en Une, sous le titre “Le Petit prince”. “Certains voient la République en danger et craignent un retour de l’Ancien régime”, souligne le quotidien. “Au nom du père”, titrait avec ironie le Financial Times Deutschland.

Au moment même où le président français se saisit du thème “des difficultés des jeunes à trouver un emploi”, “un étudiant en droit décroche un super job dans le management public”, s’amuse le FTD. “La famille Sarkozy a du succès: désormais, tout le monde en France parle réellement de l’emploi des jeunes”.

Die Welt évoque “l’ascension fulgurante de Sarkozy junior”, un “jeune blondinet présentant bien, qui vient de raccourcir sa crinière de surfeur, sans doute pour paraître un peu plus sérieux”.

Plusieurs journaux espagnols s’accordaient sur la “carrière fulgurante” (El Periodico) voire “météorique” (El Pais, La Razon) de Jean Sarkozy et se faisaient l’écho de la polémique qui agite la France.

“Ce mandat est plus honorifique qu’exécutif mais la nouvelle a provoqué une forte indignation dans les rangs de l’opposition”, qui voit dans “cette promotion la main implacable de l’Elysée ou du moins celle de son locataire”, commentait le quotidien conservateur La Razon.

Seul El Pais plaçait l’affaire en Une, sous le titre: “l’ascension météorique du fils de Sarkozy ouvre un âpre débat”. “Très doué ou pistonné ? C’est la question que se posent les Français face à l’extraordinaire succès de Jean Sarkozy”, s’interrogeait à Rome Il Giornale, le journal de la famille Berlusconi.

Aux Etats-Unis, le quotidien national USA Today évoquait l’affaire avec une dépêche d’agence commençant par les mots “Il a 23 ans et pas de diplôme universitaire…”, assortie d’une photo du président français posant la main sur l’épaule de son fils.

Le quotidien Washington Times publiait de son côté une photo de Ségolène Royal à la rubrique “La phrase du jour” avec les paroles de la responsable socialiste à propos de Jean Sarkozy : “s’il ne portait pas le nom qu’il porte, est-ce qu’il serait à la place à laquelle il est aujourd’hui ?”

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