Subscribe

Escalade de tensions à la frontière entre la Syrie et Turquie

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, en visite en France où il rencontrera mardi le président François Hollande, a qualifié lundi devant le Conseil de l’Europe d'”extrêmement dangereuse” l’escalade du conflit à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

“La situation en Syrie a empiré de manière dramatique. Elle pose des risques sérieux à la stabilité des voisins de la Syrie et à l’ensemble de la région”, a-t-il déclaré dans l’hémicycle du Conseil de l’Europe à Strasbourg, à l’ouverture du premier “Forum mondial de la démocratie” réunissant plus de mille dirigeants politiques, experts et militants. “L’escalade du conflit à la frontière Syrie-Turquie et l’impact de la crise sur le Liban sont extrêmement dangereux”, a-t-il poursuivi, avant d’appeler les donateurs à répondre “de manière plus généreuse aux besoins des populations en Syrie et de plus de 300.000 réfugiés dans les pays voisins”.

Jeudi dernier, après de longues tractations entre les pays occidentaux et la Russie, le Conseil de sécurité des Nations unies a publié une déclaration dénonçant le bombardement par la Syrie d’un village turc frontalier et appelant les deux pays voisins à la retenue. Se disant “profondément préoccupé par le flot continu d’armes” en Syrie, M. Ban a appelé lundi toutes les parties, sous les applaudissements des participants, “à abandonner l’usage de la violence, et à se diriger vers une une solution politique”. La Syrie “montre à quel point les transitions actuelles, qui ont inspiré tant d’espoir et de changement, ont aussi apporté incertitude et peur”, a-t-il souligné, appelant le président syrien Bachar al-Assad “et les autres dirigeants du monde” à “écouter leurs citoyens avant qu’il ne soit trop tard”.

Après le discours de M. Ban, la militante yéménite des droits de l’homme Tawakkul Karman, Prix Nobel de la Paix en 2011, a interpellé les Etats membres de l’ONU, les appelant à donner à l’organisation internationale les moyens de sortir de sa “paralysie” pour promouvoir la démocratie dans le monde. “Au nom de la souveraineté et de la non-ingérence dans les affaires internes des pays, les Nations unies sont pieds et poings liés face au despotisme”, a regretté Mme Karman, 33 ans, invitée par le Conseil de l’Europe à ce Forum. L’organisation paneuropéenne, qui réunit 47 pays, voudrait faire de cet événement un rendez-vous annuel et y réunir “des réformateurs et des leaders mondiaux pour chercher des réponses démocratiques aux défis économiques, sociaux et politiques”.

A l’ouverture du forum, son secrétaire général Thorbjorn Jagland a notamment souligné le décalage dans les pays arabes entre “les espoirs de 2011” suscités par les soulèvements contre des régimes autoritaires et “la réalité de 2012”. “Beaucoup parmi les protestataires, notamment les jeunes, sont encore frustrés non plus à cause d’une dictature stagnante et oppressive mais parce que les changements sont trop lents, parce qu’ils ne vont pas assez loin”, a poursuivi l’ancien chef du gouvernement norvégien.

M. Ban Ki-moon s’est ensuite rendu à Paris où il a rencontré en fin d’après-midi le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius puis le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Il n’y a eu aucune déclaration à la sortie de ces entretiens. Le secrétaire général de l’Onu sera reçu mardi à l’Elysée par le président François Hollande avant de rentrer à New York.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related