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Espoir timide pour les journalistes otages en Afghanistan

Neuf mois après l’enlèvement des journalistes de France 3 en Afghanistan, l’Armée a donné des signes timides d’espoir d’une libération avant Noël, accueillis avec circonspection par le comité de soutien aux otages, échaudé par de multiples déclarations optimistes.

Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, enlevés fin décembre 2009 avec leurs trois accompagnateurs afghans, ont “bon” moral et il y a “un espoir raisonnable” qu’ils soient libérés avant Noël, a déclaré vendredi le chef d’état-major des armées Edouard Guillaud. “Nous avons eu des preuves de vie diverses. Personne ne les a vus” mais “on a pu leur parler au téléphone, nous avons eu également d’autres preuves de vie qui montrent qu’ils tiennent courageusement le choc”, a dit l’amiral Guillaud. 
Interrogé sur les revendications des ravisseurs talibans, il a indiqué qu'”ils réclament, comme souvent, plein de choses: il peut y avoir des exigences financières, des exigences de libération d’un certain nombre des leurs, un retrait unilatéral d’une zone ou d’une autre”. Quant aux rançons, il a indiqué, sans donner de chiffres, que leur niveau avait “augmenté”.
Ces déclarations ont été accueillies avec prudence par le comité de soutien des otages. “On est circonspects et très vigilants comme on l’a toujours été. On reste inquiets pour nos amis et toujours mobilisés, jusqu’à ce qu’ils soient dans l’hélicoptère qui les ramène à Kaboul”, a déclaré Patricia Philibert, l’une des porte-parole du comité. Point positif: ils sont vivants et “on peut négocier”, relève-t-elle.

Elle note en revanche un “changement de ton” par rapport à la fin de l’été, soulignant que les “prévisions” ont été “revues à la baisse, puisque qu’ils avaient bon espoir d’une libération avant la fin de l’été”. Les deux journalistes auraient été en effet proches de recouvrer la liberté cet été, selon une source proche du dossier. Mais le Ramadan a “un peu interrompu les négociations” alors qu’elles “se présentaient bien”, a affirmé, début septembre, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. “Depuis trois mois on négocie mais c’est complexe. Les temps d’aller et retour des réponses (des propositions et réponses, ndlr) sont des temps longs, il faut composer avec des immixtions locales pas simples”, avait aussi indiqué, début septembre, un membre du gouvernement. Après une autre “tentative avortée en février”, le comité de soutien et les familles des otages sont donc échaudés.
Et puis la perspective de Noël paraît bien lointaine. “S’ils tiennent encore le choc, devront-ils tenir encore longtemps? Noël ça fait loin, c’est insupportable!”, a réagi Mme Philibert.

Mercredi prochain, les otages en seront à neuf mois de détention, une “durée symbolique”, a souligne la responsable. Le 10 septembre, jour de l’Aïd el-Fitr, fête marquant la fin du Ramadan, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, et le Conseil français du culte musulman (CFCM) avaient lancé un appel “solennel” à la libération des otages. Interrogé par l’AFP, France Télévisions n’a pas fait de commentaires. Le 23 août, son PDG Rémy Pflimlin s’était dit “raisonnablement optimiste” quant au sort de ses collaborateurs.

Stéphane Taponier, 48 ans, et son collègue Hervé Ghesquière, 47 ans, ont été enlevés alors qu’ils réalisaient un reportage pour le magazine “Pièces à conviction” dans la province montagneuse de Kapisa. Leur identité a été tenue secrète pendant plus de trois mois et dévoilée par France Télévisions le 12 avril, après la diffusion d’une vidéo sur internet les montrant amaigris.

http://www.soutienherveetstephane.org/

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