Subscribe

Et si les Bleus vivaient bien ensemble cette fois ?

Plus ouverts avec le public, les Bleus version 2010 jurent qu’une vie de groupe est en train de se créer, rêvant de revivre le parcours de 2006 et de tirer un trait sur le naufrage de 2008.

En gravissant le glacier de la Grande-Motte, avec crampons et piolets en 2006, Lilian Thuram avait trouvé l’expression “on vit ensemble, on meurt ensemble” qui avait guidé les Français jusqu’à la finale de Berlin le 9 juillet. A les écouter, les Bleus version 2010 tentent de renouer avec cet esprit.

En dehors des terrains, ils ont en tout cas d’avantage donné de leur personne, loin de leur image froide et distante. A la fin des entraînements, Thierry Henry et ses équipiers se plient de bonne grâce aux séances d’autographes, tout comme Raymond Domenech d’ailleurs.

Yannick Noah avait lâché que ce sont les joueurs de l’équipe de France et leur sélectionneur qui n’aimaient pas leur public et non le contraire.

“Mais si on n’aimait pas notre public, on ne se donnerait pas à fond, rétorque Bakary Sagna. Lors de ce stage, on va justement se servir des critiques, comme ils l’ont fait en 1998, pour rebondir.”

Précautions

En interne, le mot d’ordre est limpide: ne pas revivre le cauchemar de 2008 quand un conflit générationnel avait miné le vestiaire et conduit, entre autres explications, au fiasco à l’Euro, avec une élimination au premier tour (6 buts encaissés, 1 seul marqué).

Cette fois, Raymond Domenech a pris toutes ses précautions, chassant les ego “à coups de fusil” comme il l’avait promis, ne prenant ni Benzema ni Nasri dans les 30 et écartant Ben Arfa des 24.

Le message est-il passé dans les chambres de l’hôtel-chalet “L’Ecrin du Val Claret” à Tignes? Juré, craché, entonnent en coeur les Bleus. “Aujourd’hui, on sent vraiment les gars partager, prêts à rentrer dans l’intimité de chacun. Là, c’est une relation plus profonde qui est en train de se créer”, a affirmé Cédric Carrasso, 3e gardien.

Mais le souvenir d’une équipe sans unité et peu concernée reste vif dans les mémoires après le désastreux France-Espagne en amical le 3 mars (défaite 2-0). “C’était dur sur le moment, mais ça va nous apporter quelque chose, assure Carrasso. Quand tu es révolté, que le collègue à côté est révolté, tu te dis que ça va être un engrenage qui va bien prendre. J’espère une bonne surprise à la Coupe du monde”.

Gallas tient le coup

“Cela a été une bonne claque, renchérit Sagna. C’est toujours bon de redescendre sur terre avant de mieux de rebondir.”

Pour l’heure, le ciel des Bleus est comme celui de Tignes, presque sans nuages. William Gallas, dont le mollet gauche a obligé Domenech à prendre 24 joueurs, participe à tous les exercices proposés sans problème. Seul Lassana Diarra a mal digéré les sommets savoyards, souffrant de “trouble intestinal douloureux dû à l’altitude”. Le milieu du Real Madrid est resté toute la journée de vendredi en soins et récupération, manquant ainsi l’entraînement de vendredi soir axé sur la circulation de balle et marqué par le tonus et le sourire de Franck Ribéry. Sébastien Squillaci, qui a gagné la Coupe du Roi mercredi soir, a été ménagé.

Même le passage des 24 à 23, sans doute avant l’étape tunisienne du stage (27-30 mai), ne devrait pas provoquer de psychodrame comme en 2008, quand Raymond Domenech était allé frapper aux portes des sept écartés (de 30 à 23) qui étaient ensuite repartis en hélicoptères.

Le premier amical contre le Costa Rica, le 26 mai à Lens, devrait permettre de dire si les bonnes résolutions des Bleus se traduiront sur le terrain.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related