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Etienne Girard, premier millionnaire américain

Bordelais et Philadelphien d’adoption, Étienne Girard fut le premier millionnaire américain. C’est son itinéraire exceptionnel que retrace Philippe Simiot  dans Le banquier et le perroquet, sélectionné par la Fédération des Alliances Françaises dans le cadre de son programme annuel « One Book, One Federation ».

Demandez à un Américain quel est son héros français préféré, il répondra sans hésiter : le marquis de La Fayette ! À ce concours de popularité, le jeune capitaine bordelais Étienne Girard n’aurait eu aucune chance de l’emporter. Solitaire, borgne, mal-aimé, très tôt orphelin, Étienne Girard fuit une jeunesse difficile et débarque à Philadelphie le 4 juillet 1776, jour de la Déclaration d’Indépendance, sans autre avoir que son modeste bateau. Pourtant, l’incroyable destinée de cet aventurier qui, prêtant serment à l’État de Pennsylvanie en 1778, deviendra « Stephen » Girard, en fait encore rêver plus d’un.

Il aura fallu le talent de l’écrivain Philippe Simiot, un raconteur plein de verve, spécialiste de romans historiques, pour brosser avec intelligence et finesse le portrait psychologique de cet émigré hors normes, méconnu en France comme aux États-Unis. Sous forme de journal intime, l’auteur redonne vie à ce jeune Français qui, d’abord épicier, rejoindra rapidement les rangs de la bonne société commerçante de Philadelphie et deviendra négociant, armateur, banquier.

Les exemples foisonnent dans l’univers de ce Citizen Girard pour illustrer la détermination d’un homme qui s’engage infatigablement, touche à (presque) tout, le plus souvent avec succès : le traitement français, « the French cure » comme on le surnomme à l’époque, pour contenir l’épidémie de fièvre jaune? C’est lui ! Le rachat des actifs de la Banque des États-Unis ? Girard encore ! Les premiers bateaux à vapeur qui sillonnent le Mississippi ? Le fruit de son investissement ! Le négoce avec la Chine pour y troquer l’opium contre la boisson en faveur, ce thé, alors monopole de la Compagnie anglaise des Indes orientales ? Une des nombreuses opérations commerciales lancées par Girard. Devenu en trente ans seulement l’Américain le plus riche, il mettra son immense fortune au service de la jeune Amérique pour l’aider, en 1812, à lutter contre l’Angleterre.

L’argent, les femmes et l’Histoire

Une impressionnante galerie de portraits vient enrichir le récit : les trois signataires de la Déclaration d’Indépendance, Benjamin Franklin, Thomas Jefferson et John Adams; le Secrétaire du Trésor Alexander Hamilton; le superintendant aux Finances Robert Morris. Et plus tard, des Français émigrés ou de passage, François René de Chateaubriand, Joseph Bonaparte, Madame de La Tour-du-Pin ou Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. À ce kaléidoscope de grands hommes que côtoie Girard, Philippe Simiot ajoute des détails personnels qui adoucissent le portrait d’un homme secret, malheureux en ménage, et sans enfant : sa femme, Mary, qui mourra internée, Hannah, l’esclave de Saint-Domingue, et sa petite fille Rosette que Stephen achètera pour les mettre à son service, sa compagne Sally à qui il ne peut offrir son nom, ainsi que son fidèle perroquet Macao, peut-être son seul véritable compagnon.

C’est à Philadelphie, alors capitale fédérale de la jeune République, que la marque d’Étienne Girard est, encore de nos jours, la plus visible. Girard Avenue, Girard Bank Building, Girard Plaza, Girard Square, le nom se décline dans toute la région, au fronton d’édifices ou en logo de cartes de visite. Mais son legs le plus important reste le Girard College, destiné à l’éducation des orphelins. Depuis sa création en 1848, cet établissement a formé des milliers d’élèves du primaire à la fin du cycle secondaire. Aventurier, banquier et philanthrope, Stephen Girard, le « little frenchie », le mal-aimé de ses concitoyens, aura néanmoins incarné le pragmatisme, le sens du risque et l’affairisme, toujours associés au modèle américain.

Le Banquier et le Perroquet par Philippe Simiot.  Livre de poche. Paris, 2008.  470 pages. $10.00

http://www.schoenhofs.com/Le_Banquier_et_le_Perroquet_p/9782253123965.htm.

 

  • Je voudrais savoir ou est passe le tresor de guerre de Toussaint Louverture, qu’il songeait a utiliser pour une expedition de liberation des noirs en Afrique. Cette somme somme aurait ete remise en Decembre 1801 a un certain Lacaze, afin qu’il la depose a Philadelphie dans la banque de Stephen Girard, banquier de Toussaint qui fut le premier milliardaire americain. Ce fameux depot n’aurait jamais pu etre retrouve. Cette histoire peut etre paraitre suspect quand on sait que la banque Girard a Philadelphie ne fut fondee qu’en 1812. L’histoire du tresor que Toussaint aurait enterre sur son habitation d’Ennery est remise aux calendes grecques ?

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