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Etienne Uzac, le discret propriétaire français de Newsweek

L’acquisition par un Français du titre américain Newsweek il y a dix jours est passée relativement inaperçue. Rencontre à New York avec ce jeune patron de presse.

Etienne Uzac, 30 ans, n’est pas le plus connu des entrepreneurs français aux Etats-Unis. Pourtant le 4 août dernier, la société qu’il a co-fondée et dont il est aujourd’hui le patron, IBT Media, a racheté la marque Newsweek. Pour Etienne Uzac, si le célèbre titre de presse américain est en perte de vitesse depuis plusieurs années, l’aura dont il bénéficie justifie l’acquisition. “Newsweek a une histoire avec le journalisme. J’entends bien poursuivre cette tradition tout en renouvelant le modèle économique en ligne du média”, affirme-t-il.

Il y a huit ans, lorsqu’Etienne Uzac s’installe à New York et fonde IBT Media avec son partenaire Johnathan Davis, il rêve déjà de créer un groupe de presse international. Il commence par lancer l’International Business Times, un site internet centré sur l’économie et la finance. Le Français s’occupe de la partie administrative pendant que son partenaire écrit des articles. Rapidement, la société se développe et lance d’autres titres, notamment Latin Times ou encore Medical Daily. IBT Media revendique aujourd’hui plus de 30 millions de visiteurs uniques par mois à travers ses différents sites.

L’histoire a voulu qu’en 2011, IBT Media s’installe dans les anciens locaux de Newsweek, au 7 Hanover Square, dans le sud de Manhattan. Alors que les deux sociétés se croisent dans l’immeuble au moment du déménagement, Etienne Uzac a un déclic et une envie, celle de racheter le célèbre titre américain. “Depuis ce jour, on a gardé contact avec le propriétaire et ils sont revenus vers nous quand ils ont voulu vendre”.

Un modèle en ligne profitable

Depuis décembre 2012, Newsweek a basculé au tout-numérique, et cessé d’imprimer son hebdomadaire papier. Mais le titre continue à perdre de l’argent. Pas de quoi inquiéter Etienne Uzac. “On veut essayer d’appliquer les recettes qui ont marché dans nos précédents médias en ligne à Newsweek“, affirme le Français.

Ces recettes, il n’en parle pas trop mais évoque avant tout une approche globale de l’information, pas centrée uniquement sur l’Europe et les Etats-Unis. “Grâce à notre expérience, nous savons aujourd’hui comment faire progresser un média en ligne. Quand on est uniquement sur internet, on a l’avantage de pouvoir être très flexible et donc de s’adapter sans cesse aux évolutions du journalisme sur internet”. Une stratégie qui marche. Depuis 2010, IBT Media réalise des profits. Gérer un site internet d’informations rentable, beaucoup en rêvent, Etienne Uzac l’a fait.

Magnat de la presse ?

Pour Etienne Uzac, l’attention portée à son entreprise IBT Media justifie déjà l’acquisition de Newsweek, dont le prix n’a pas été révélé. “Cela va nous ouvrir beaucoup de portes aux Etats-Unis et à l’étranger. Et pourquoi pas continuer à agrandir notre portfolio de médias”, poursuit celui que l’on surnomme déjà “le nouveau magnat de la presse”.

Grâce à l’acquisition de Newsweek, Etienne Uzac espère pouvoir communiquer plus amplement sur la “success-story” d’IBT Media. “Avoir Newsweek dans notre portfolio nous donne incontestablement une grande visibilité”. Une vitrine médiatique parfois positive mais aussi négative. Plusieurs articles évoquant des liens entre IBT Media et le pasteur évangéliste controversé David Jang ont refait surface. Le New York Observer, entre autres, affirme que David Jang, fondateur de l’université chrétienne Olivet, est très impliqué dans le business d’IBT Media. Une information démentie par Etienne Uzac qui confirme un partenariat de stages avec l’université mais rien de plus.

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