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Euro-2010 : le bel été de l’athlétisme et de la natation

Athlètes et nageurs français ont brillé à quinze jours d’écart lors de leurs Championnats d’Europe respectifs faisant (presque) oublier les piteux footballeurs par des résultats historiques et un état d’esprit frais.

Le président de la Fédération française d’athlétisme Bernard Amsalem s’est félicité du parcours des nageurs et parle de “connivence, pas de concurrence” avec un total cumulé de 39 podiums, dont 16 titres (8 chacun). Certains nageurs ont clairement exposé que la réussite des athlètes avait servi d’émulation.
Pour beaucoup, comme l’entraîneur d’athlétisme Guy Ontanon, ce succès des Français sur piste et dans les bassins trouve son explication dans la qualité de “l’école du sport français” mais aussi dans la lutte contre le dopage, qui “favorise une nation comme la France qui est à la pointe”.

 

Médailles

Les deux sports ont récolté une moisson historique, avec un avantage comptable pour la natation. L’athlétisme, avec 60 sélectionnés, est rentré de Barcelone avec 18 médailles, dont 8 en or, soit un taux de réussite de 13,5 % par rapport au nombre de médailles possibles.
En natation, ce taux est très supérieur (28,4 %), avec 30 nageurs, avec par exemple 19 des 30 Français qui sont montés sur le podium. Camille Lacourt a été le plus en vue, avec 3 titres (50-100 m dos et 4×100 m 4 nages).

 

Succès des clubs

Fabrice Pellerin, l’entraîneur de Yannick Agnel, n’y va pas par 4 chemins. “Les deux tiers des résultats viennent des clubs. La filière fédérale et nationale, qu’on appelle le parcours d’excellence, produit moins de médailles que l’artisanat très délocalisé”, constate-t-il. “Parce que ça repose sur des relations humaines, de la démerde, du système D”, ajoute-t-il rejoignant ainsi ses homologues de l’athlétisme qui avaient fait le même constat.

 

Sexe fort

Dans les deux sports, les messieurs ont été le sexe fort. Dans le bassin hongrois, l’équipe masculine a obtenu 17 des 21 médailles. En athlétisme, on arrive au même constat, avec 13 sur 18 pour l’équipe masculine. “On est sorti de l’ère ‘Manaudou'”, convient Christian Donzé, le DTN, alors que la star a été partie prenante de 13 des 40 médailles des trois éditions précédentes des Championnats d’Europe.

 

Stars montantes

Athlétisme et natation ont chacun en main un phénomène aux limites encore ignorées: Christophe Lemaitre, 18 ans, s’est coiffé de trois titres (100 m, 200 m et relais 4×100 m) à Barcelone. Même âge (18 ans), même talent naturel incroyable, Yannick Agnel figure déjà parmi les meilleurs au monde sur 200 et 400 m libre. Lemaitre a l’avantage de disputer la course-reine, Agnel celui d’être un jeune homme brillant dans et en dehors des bassins, et d’avoir un potentiel “mondial” supérieur.

 

Etat d’esprit

L’état d’esprit de la “génération record du monde”, dixit Leslie Djhone, a soufflé sur l’ensemble du groupe “athlé”. Les athlètes se sont montrés plutôt joyeux, décontractés et surtout ambitieux et décomplexés. Avec un caractère différent, Lemaitre, Tamgho et Lavillenie sont de parfaites locomotives. Donzé vante le talent, la jeunesse, le travail et la solidarité pour la natation.

 

Avenir

Nageurs et athlètes retournent (ou sont retournés) à la maison avec plein de Marseillaise, de drapeaux français et de médailles en tête. Attention au retour sur Terre. L’an prochain, l’adversité sera mondiale et les occasions de briller moins nombreuses. L’athlétisme pourra a priori compter sur Renaud Lavillenie, Teddy Tamgho, Yohann Diniz et Mahiédine Mekhissi pour accrocher des podiums, voire des titres. En natation, Bousquet (50 m libre), Rouault (800-1500 m libre), Lacourt (50-100 m dos) quittent la Hongrie avec le statut de N.1 mondial. Attention toutefois, les Américains et les Australiens n’ont pas encore disputé leur grand rendez-vos de l’année.

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