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Exception culturelle : l’UE n’a “rien à gagner” à en discuter avec les Etats-Unis

L’Union européenne n’a “rien à gagner” à inclure les services audiovisuels dans le champ des futures négociations de libre-échange avec les Etats-Unis, a martelé vendredi la ministre française de la Culture, rappelant l’attachement de la France à l’exception culturelle.

“L’Europe n’a rien à gagner à ouvrir ces secteurs au libre-échange avec les Etats-Unis. L’Europe n’a rien à gagner à ouvrir les services audiovisuels à un accord de libre-échange”, a insisté Mme Filippetti, qui participait à Bruxelles au Conseil des ministre de la Culture. “Entre l’industrie audiovisuelle américaine, qui est largement soutenue par des investissements massifs aux Etats-Unis, et les industries européennes dans le domaine de l’audiovisuel ou du cinéma, ça va être la lutte du pot de fer contre le pot de terre”, a-t-elle ajouté, brandissant la menace de pertes d’emplois sur le Vieux Continent.

Quatorze ministres de la Culture européens, dont ceux de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie, ont cosigné avec leur homologue française une lettre adressée à la Commission européenne pour demander que l’audiovisuel soit exclu des négociations. “Pour la France, c’est une ligne rouge, et donc une condition sine qua non, de l’ouverture de négociations sur un accord de partenariat entre les Etats-Unis et l’Union européenne”, a rappelé Mme Filippetti. Elle a plaidé pour une définition assez large de l’exception culturelle pour qu’elle puisse “évoluer au fur et à mesure des évolutions technologiques”. “Il est pour nous crucial (…) que l’on ne fige pas aujourd’hui une liste extrêmement limitative des secteurs qui pourraient être concernés par l’exception culturelle”, a insisté Mme Filippetti, se défendant d’une attitude “protectionniste” ou “nationaliste”.

La Commission souhaite que le secteur audiovisuel soit mis sur la table des négociations, tout en assurant que le système des quotas et des subventions à la production serait préservé. De source européenne, on indique que l’audiovisuel pourrait ainsi servir de levier dans les négociations avec les Etats-Unis. Ce que craint justement la France. “Si on abandonne quelque secteur de l’exception culturelle, c’est bien pour s’en servir de monnaie d’échange contre autre chose au sein des négociations”, s’est insurgée Mme Filippetti. Les 27 Etats membres de l’UE se prononceront à la mi-juin sur le mandat de négociation de la Commission européenne.

 

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