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Exclusif – Frédéric Lefebvre : “On ne s’improvise pas député en trois mois”

La veille du lancement de sa campagne à Boston, Frédéric Lefebvre est revenu pour France-Amérique sur sa candidature aux législatives en Amérique du Nord, ses idées pour la circonscription et sa position face aux dissidents à droite.

France-Amérique : Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter dans cette circonscription ? Est-ce votre décision ou celle de l’UMP ?

Frédéric Lefebvre : Cette circonscription, c’est comme une évidence en soi. J’y ai tant de liens, une partie de mes racines, ma famille la plus proche, mes amis, mes voyages. Et bien sûr, une appétence pour être le défenseur de ces expatriés au Canada et aux Etats-Unis qui sont, comme je me plais à le dire souvent, les porte-drapeaux de la France. Ils sont une chance pour la mondialisation. C’est une démarche qui correspond à une ardente nécessité de dessiner le 21e siècle.

Que répondez-vous à tous ceux qui vous disent parachuté ?

La question ne se pose pas en ces termes. Mes interlocuteurs sont tous des expatriés, quels que soient leurs opinions, leurs modes de vie, leurs familles. Le président de la République a décidé, c’est une première, de créer ce poste qui est porteur de cohésion sociale. J’ai l’intention d’écouter chacun pour régler les problèmes d’éducation, de fiscalité, de protection sociale… Je connais bien ces problématiques car j’ai un frère, des neveux, des nièces, des cousins aux Etats-Unis. Je veux donc faciliter les démarches administratives à chaque étape de la vie : la naissance, le mariage, le divorce, le décès. Comme je le faisais quand j’étais député de l’Hexagone.

Vous avez de nombreux dissidents à droite, est-ce qu’ils ne sont pas vos principaux adversaires pour ce premier tour ?

A droite, je représente les couleurs de l’UMP et de la majorité présidentielle. J’ai l’honneur d’avoir été investi officiellement par mon parti politique et je bénéficie du soutien de Nicolas Sarkozy. Jusqu’à preuve du contraire, je suis le seul. Je suis dans une pensée démocratique, et évidemment chacun peut décider de se présenter. Mais la chose que je réclame pour mes compatriotes, c’est que ce soit dans la clarté, pas dans l’ambiguïté. Les choses sont simples. On ne s’improvise pas député en trois mois. On ne peut pas s’inventer une relation avec le président, ou des réseaux politiques par la ruse, par l’artifice. Je déteste les manipulations. Mon état d’esprit fort est à l’opposé de ces comportements qui, finalement, dénotent une faiblesse chronique. On ne doit pas chercher à nourrir un égo ou essayer d’ajouter une ligne sur une carte de visite. Ce “métier”, c’est une vocation.

Allez-vous essayer de convaincre Julien Balkany, Antoine Treuille, Gérard Michon de rejoindre votre candidature ?

Je vous l’ai dit, je suis dans une pensée démocratique, chacun peut se présenter. La seule chose qui est indispensable, c’est que tout se fasse dans la clarté. Les électeurs, dans l’Hexagone ou en Amérique du Nord, détestent l’ambiguïté. On ne leur raconte pas d’histoires. Sinon, ils finissent par s’en rendre compte.

Comment comptez-vous connaître les Français de la circonscription ? C’est un territoire immense et vous n’avez qu’une soixantaine de jours ?

C’est une des circonscriptions les plus passionnantes. Elle est grande et extraordinaire. Mais on est en 2012, les moyens pour voyager et communiquer en direct sont nombreux. Vous croyez que je suis homme à m’arrêter à ce genre de considération ? Je travaille depuis plus de 25 ans, et j’ai déjà une expérience assez construite de cette fonction, que j’ai déjà assumée. En tant que ministre à Bercy, qui est la tour de contrôle économique de la France, j’ai l’habitude d’une vie professionnelle rapide, dense, intense. Je suis organisé pour cette vie. J’ai la chance d’avoir une équipe qui a mangé du lion et qui sera à votre service.

Pourquoi lancez-vous votre candidature à Boston ?

Boston, c’est un choix précis mais non exclusif. C’est un point de départ intéressant car il nous permet de rencontrer des centaines d’expatriés. On est ici entre New York et Montréal. Savez-vous que Boston a conquis sa liberté grâce à un Français, Paul Revere ? C’est aussi là qu’est né le premier ambassadeur des Etats-Unis en France, Benjamin Franklin. Que de symboles !

Avez-vous déjà travaillé sur un programme, des propositions pour les Français d’Amérique du Nord ?

J’aurai l’occasion tout au long de cette campagne de développer mes réponses à tous les problèmes que rencontrent nos compatriotes. Vous savez, je suis avocat. Or, en tant que député, je serai amené à défendre les intérêts des Français qui résident aux Etats-Unis et au Canada, si les électeurs en décident ainsi. Je veux simplifier la vie des citoyens, des acteurs économiques. J’ai une expérience, un savoir-faire parlementaire, une parfaite connaissance des rouages administratifs à Paris, où tout se joue. Je dis bien tout. C’est à l’Assemblée nationale, dans les ministères que les décisions se prennent. C’est l’expérience la plus transversale, qui est la mienne, qui fait la différence. Et j’aurai l’occasion à Boston, et lors de mes prochains déplacements, de m’expliquer sur les questions de fiscalité, d’éducation, de développer mes propositions, dont certaines d’entre elles sont innovantes.

En matière d’éducation, que pensez-vous de la gratuité des lycées français de l’étranger ? Est ce qu’il faut se battre pour la garder, voire essayer de l’étendre ?

Franchement, les bras m’en sont tombés quand j’ai vu Laurent Fabius, au nom de François Hollande, expliquer qu’il voulait revenir en arrière là-dessus. Ce serait un recul terrible. Que Madame Narassiguin, la candidate socialiste, s’en explique. Evidemment qu’il faut continuer cette gratuité, et même l’améliorer. Je détaillerai ces propositions à l’occasion de mes prochains déplacements.

Beaucoup de noms ont circulé concernant le nom de votre suppléant. Avez-vous choisi ?

J’aurai l’occasion de m’exprimer à ce sujet le moment venu. Aujourd’hui, je suis libre de m’engager pleinement dans la campagne. Je suis déterminé et porteur d’énergie positive.

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