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Exposition Yves Saint Laurent à San Francisco

À San Francisco, le De Young Museum présente jusqu’au 5 avril une rétrospective Yves Saint Laurent. Prévue et organisée alors que le couturier français était encore vivant, l’exposition rend hommage aux quarante années de travail de l’un des plus célèbres créateurs de mode du XXe siècle.

Du smoking à la saharienne, de la robe du soir en plumes mordorées au manteau de fourrure vert tendre, l’exposition de San Francisco consacrée à Yves Saint Laurent est un véritable spectacle visuel, un chatoiement de couleurs et de tons. Plus de 120 tenues et accessoires de mode, provenant de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, retracent l’œuvre du couturier français, décédé en juin dernier.

Né en août 1936 à Oran en Algérie, celui qui s’appelle alors Yves-Mathieu Saint-Laurent connaît la gloire très jeune, dès son premier défilé chez Christian Dior à qui il avait succédé après son décès brutal en 1957. En 1961, il crée sa propre maison de haute couture avec Pierre Bergé, qui restera son collaborateur et ami intime pendant plus de 40 ans. « N’est pas haut couturier qui le souhaite », précise une conférencière : ce terme protégé par la loi française, répond à des règles établies par la Chambre de commerce et d’industrie : les habits doivent être coupés pour un client privé, le couturier doit posséder un atelier de 15 personnes au moins et présenter ses collections deux fois par an avec 35 tenues du soir et 35 tenues de jour au minimum.

La première salle présente les œuvres des débuts, dont la célèbre robe trapèze grise de la collection 1958, qui assura au couturier une renommée internationale. Yves Saint Laurent fut l’un des précurseurs du tailleur pour femmes. Portés avec une blouse très transparente, les premiers modèles firent scandale : le couturier aimait à défier les conventions et jouer sur le côté androgyne de ses vêtements. On peut ainsi admirer le premier tailleur présenté au défilé automne-hiver de 1966.

L’exposition met en parallèle tenues et carnets de croquis, ce qui permet d’admirer la précision du coup de crayon d’Yves Saint Laurent : la ressemblance entre l’esquisse originelle et le modèle fini est frappante. Une immense salle est consacrée aux tenues inspirées de la peinture et de la littérature : Yves Saint Laurent était aussi un grand collectionneur d’art. Dès 1965, le couturier lance une série de robes en hommage à Mondrian (les motifs des robes reproduisent certaines toiles célèbres du peintre). En 1966, il crée des modèles inspirés des œuvres du peintre américain Tom Wesselman, et plus tard, il reproduira la tenue de l’un des personnages d’un tableau de Picasso, son peintre préféré. Le couturier a ainsi exploré la dichotomie entre la surface plane d’un tableau et les courbes et formes du corps féminin.

L’exposition se termine avec des tenues « carnets de voyage », des robes et des ensembles inspirés des traditions vestimentaires du monde entier. Afrique, Russie, Espagne ou Chine, cette dernière partie de l’exposition est un feu d’artifice de couleurs et de matières. « Je suis impressionnée par la variété de styles d’Yves Saint Laurent », explique une visiteuse américaine. « Je ne peux pas m’imaginer porter une seule de ces tenues et je les considère davantage comme des objets d’art que comme des vêtements ordinaires. » Yves Saint Laurent, profane ou scandaleux, méritait bel et bien sa place de choix dans un musée.

 

Informations pratiques

Exposition visible jusqu’au 1er mars 2009 au De Young Museum

50 Hagiwara Tea Garden Drive, in the Golden Gate Park, San Francisco

www.famsf.org

 

 

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