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Fabrice Santoro : « L’US Open est un tournoi unique »

Fabrice Santoro l’avait annoncé depuis le début d’année : 2009 serait sa dernière saison sur le circuit professionnel. Avant l’US Open, et son ultime tournoi du Grand Chelem le joueur français de 36 ans s’est confié à France-Amérique.

France-Amérique : Comment abordez-vous Flushing Meadows ?

Fabrice Santoro : Je suis très content d’être à New York, l’US Open est un tournoi que j’aime beaucoup. Je vais disputer mon 69e tournoi du Grand Chelem, c’est quelque chose d’incroyable. Jamais je n’aurais pensé en disputer autant quand j’ai commencé à jouer au tennis. Le fait de disputer mon dernier tournoi du Grand Chelem est forcément particulier.

Vous ressentez une émotion particulière ?

J’y pense chaque jour, dès que je rentre sur le terrain pour m’entraîner, depuis le début du mois d’août. Bien sûr, je ne suis pas encore dans le stress de la compétition mais tous les tournois que j’ai disputés dernièrement, c’était pour être fin prêt et dans les meilleures conditions pour débuter l’US Open. Et en ce moment, physiquement tout va.

L’Us Open a-t-il une saveur particulière à vos yeux ?

Pour moi, chaque tournoi est différent. Roland Garros a forcément une saveur particulière pour moi comme pour tous les joueurs français je pense. La communion avec le public est incroyable. L’Open d’Australie : c’est extraordinaire ! J’adore ce pays et c’est là-bas que j’ai obtenu mon meilleur résultat en Grand Chelem. Wimbledon, c’est le mythe. Mais je trouve qu’il y a une ambiance unique au monde à l’US Open. J’ai eu la chance dans ma carrière de pouvoir beaucoup jouer de nuit et je trouve que c’est extraordinaire de jouer en « night session » , de se dire qu’on est à New York, une ville unique aussi.

Quel est le match que vous retenez de vos 68 Grand Chelem ?

Il y a un match que je retiens particulièrement, c’est ma défaite ici à l’US Open contre Roger Federer en 2005. C’était un match fabuleux. Il jouait son meilleur tennis. Tous les échanges étaient spectaculaires avec de long rallies et des montées à la volée pour conclure les points. Du tennis spectacle, comme j’aime le pratiquer.

Peut-on vous souhaiter de finir votre parcours en Grand Chelem, ici, contre une tête de série ?

(Il hésite) Finir ici contre Roger Federer ça m’irait très bien. Peut-être pas dès le premier tour, mais après ça serait parfait.

Les joueurs français sont très en vue en ce moment, pensez-vous qu’il puisse faire un gros coup à l’US Open ?

Effectivement, on a beaucoup de bons joueurs en France actuellement. Et ils sont tous en forme en ce moment. Je suis sûr qu’il y en aura qui pourront accéder en deuxième semaine. Ceci dit, il y a une telle concurrence avec les

premiers mondiaux. Je ne parle pas seulement d’un Nadal ou d’un Federer mais avec Djokovic, Murray, Del Potro, Roddick, qui rejoue au mieux depuis quelque temps, la concurrence est très lourde et le niveau très haut. C’est difficile d’avancer dans le tableau.

Ces joueurs que vous évoquez ont tous la même filière de jeu : frappe de balle lourde, physique impressionnant, voyez-vous un joueur qui aurait un peu votre façon de jouer au tennis ?

Aujourd’hui, je ne pense pas que la nouvelle génération reproduise la filière de jeu que je pratique. Ce n’est pas de la prétention, mais vous aurez noté au fil des ans que j’ai un style bien atypique, tourné vers le spectacle. Maintenant pour réussir au plus haut niveau, il faut avoir un jeu très puissant et un physique très solide pour pouvoir espérer faire partie de l’élite.

Vous le déplorez ?

Non, il ne faut pas aller contre l’évolution. J’aime le style de jeu que je pratique, car il est en moi et que cette différence me plaît bien. Mais aussi car je n’ai pas trop le choix, si je pouvais jouer comme Federer, je ne m’en priverais pas (rire). Je sais que certaines personnes déplorent l’évolution du tennis actuel, mais je crois qu’on ne peut pas être insensible à ce que fait Federer sur un terrain.

Après l’US Open, il vous restera plusieurs échéances avant la fin de votre carrière, notamment le tournoi de Paris-Bercy.

Effectivement, le retour à Paris sera très fort pour moi. Avant cela, je ferai la tournée asiatique. Je ne suis jamais allé jouer au Japon et c’est un pays que j’ai envie de découvrir. Et puis Bercy, pour finir, où ça sera mes véritables adieux.

Une fois que Bercy sera terminé, avez-vous déjà pensé à votre reconversion ?

J’écris en ce moment mon autobiographie, c’est un projet qui me tient à cœur. Je travaille dessus depuis neuf mois. Je raconte mon parcours depuis mon enfance jusque sur les terrains, mes premiers coups de raquette. Je raconte les émotions que j’ai ressenties dans les vestiaires, partout dans le monde et durant toute ma carrière. J’explique mon rapport à la compétition, comment j’ai géré mes émotions. Mais je me livre aussi sur ce métier que j’ai pratiqué durant ces vingt années.

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