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Face au chômage endémique, Pôle Emploi voit ses moyens encore renforcés

Le nombre de demandeurs d’emplois inscrits en février, dévoilé mardi, pourrait dépasser le record historique de 1997 et, pour faire face à cette hausse continue depuis près de deux ans, le gouvernement a annoncé lundi un nouveau renfort de 2 000 CDI chez Pôle Emploi.

Fin janvier, 3,169 millions de chômeurs sans activité étaient recensés en métropole. Lors de sa campagne, François Hollande avait promis des moyens nouveaux pour le service public de l’emploi, qui avait vu ses effectifs amputés de 1 800 postes en 2011, en pleine croissance du chômage. Après une première vague de 2 000 CDI en 2012, le gouvernement a consenti un geste supplémentaire d’ici à septembre. “Face aux situations d’inquiétude, voire de désarroi des salariés privés d’emploi, la pression sur les personnels est aujourd’hui très forte” et ces renforts sont “bienvenus”, a réagi dans un communiqué la CFDT (premier syndicat). “Vu le contexte budgétaire, c’est une satisfaction, cela fera en moyenne deux agents de plus par agence”, a déclaré de son côté Dominique Nugues (Unsa).

L'”effort” de ces créations d’emplois, d’un coût annuel de plus de 100 millions d’euros, sera “partagé” par l’Etat (deux tiers) et Pôle Emploi, a souligné le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans une agence Pôle Emploi de Pantin (Seine-Saint-Denis). Depuis sa création fin 2008 (lors de la fusion ANPE-Assedic), Pôle Emploi doit gérer 1,5 million de chômeurs supplémentaires, dont 950 000 sans aucune activité (+43%). Au personnel, en première ligne, le Premier ministre a témoigné sa “confiance” et son “soutien”.

Le ministre du Travail Michel Sapin avait admis il y a quelques jours que le niveau des moyens du service public, régulièrement critiqué pour l’inefficacité de son organisation interne ou sa déshumanisation, était une “vraie question”. La série de menaces de suicide ayant suivi la mort par le feu d’un chômeur à Nantes le 13 février avait de nouveau mis en lumière les difficultés de Pôle Emploi.

“Image caricaturale” de Pôle Emploi

Le directeur général Jean Bassères était monté au créneau samedi, dans une tribune publiée par Le Monde, pour défendre ses agents, estimant que “l’image caricaturale” de Pôle Emploi, “bouc émissaire face à une crise qui dure”, les mettait “en danger”. Arrivé fin 2011, M. Bassères a engagé une réforme profonde de l’accompagnement des chômeurs, “différencié” selon les profils, pour “faire plus pour ceux qui ont le plus besoin”.

Avec les renforts, mais aussi 2 000 redéploiements internes d’ici à 2015, le nombre d’agents au contact des chômeurs passera de 29 000 à 35 000, selon le ministère du Travail (+20%). A fin décembre 2012, l’effectif total de Pôle Emploi s’élevait à près de 53 000 agents, dont 47 000 équivalents temps plein. “Ces moyens supplémentaires ne doivent pas retarder la réforme engagée du fonctionnement de Pôle Emploi, qui doit aller plus loin”, a toutefois estimé le député PS Jean-Patrick Gille, en soulignant que la masse salariale “représente déjà 3 milliards d’euros”. “Nécessaires”, ils “devront s’accompagner d’une réorganisation de l’intervention des conseillers en termes de contenu” pour aboutir à un réel “suivi des parcours”, a renchéri Monique Iborra, rapporteure (PS) de la mission d’information sur Pôle Emploi dont les conclusions sont attendues fin mai.

Contre le chômage, “on n’aura jamais tout essayé”, a estimé lundi le Premier ministre. Ecartant toute “résignation”, il a vanté les différents outils mis en place par le gouvernement. Selon M. Ayrault, 15 000 jeunes bénéficieront à la fin mars d’un emploi d’avenir. Le “mouvement” est “en marche”, a-t-il dit, alors que l’objectif est de 100 000 d’ici à fin 2013. Quant aux contrats de génération, entrés en application la semaine dernière pour favoriser l’embauche en CDI des jeunes et le maintien dans l’emploi des seniors, M. Ayrault a signé lundi, en Seine-et-Marne cette fois, l’un des premiers contrats. Le gouvernement en espère 500 000 d’ici à la fin du quinquennat. Sur France 2 jeudi prochain, le président de la République va tenter de convaincre que ces différents outils peuvent permettre d’inverser la courbe du chômage avant fin 2013, alors que l’Insee prévoit un taux de chômage de 10,6% en métropole mi-2013 (11% avec les départements d’outre-mer).

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