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Faut que ça danse !

Noémie Lvovsky a présenté son film au public new-yorkais à l’occasion du festival "Rendez-vous with French Cinema". Cette comédie familiale a été bien accueillie par le public américain qui a pu interroger la réalisatrice à l’issue de la projection.

Quiproquos et névroses entourent la famille Belinsky. Le père (Jean-Pierre Marielle), débordant de vie, court toujours après sa jeunesse à 80 ans. La mère, Geneviève, un peu folle, se laisse aller dans son infantilisation auprès de son aide ménager M. Mootoousamy. Entre les deux, Sabine, la fille, interprétée par Valeria Bruni Tedeschi, apprend qu’elle est enceinte.

Qu’avez-vous voulu raconter dans ce film ?

Je voulais raconter une famille, montrer comment on peut être lié, s’aimer beaucoup et pourtant vivre seul les moments les plus importants de sa vie. J’ai aussi eu envie de mettre en scène des couples apparemment désaccordés et uniquement liés par des sentiments.

Pourquoi avez-vous choisi ces comédiens ?

Ca fait plus de 20 ans que je connais Valeria Bruni Tedeschi. Nous avons écrit son premier film et puis nous avons joué mutuellement dans nos réalisations. Ce n’est donc pas la première fois qu’on travaille toutes les deux. Mais j’ai écrit sans penser aux comédiens. Finalement, j’ai eu un grand plaisir à mélanger des acteurs très différents qui n’avaient pratiquement jamais travaillé ensemble. Tous viennent d’écoles très différentes ce qui rendait le travail intéressant.

La question de l’âge est très présente dans le film…

Oui, les âges, les phases de la vie m’intéressent beaucoup. Il existe toujours un écart entre l’âge que l’on a sur son passeport et l’âge que l’on pense avoir dans la vie. C’est le cas de mon personnage principal, Salomon (Jean-Pierre Marielle).

Et avec l’âge se pose la question de la mort ?

Elle est présente dans le film. J’ai voulu partir de choses tragiques tout en gardant toujours un mouvement pour rebondir. Notamment avec Salomon. Au début du film, il se croit immortel, puis il s’angoisse. J’ai voulu le pousser dans ses retranchements, par exemple quand il se rend chez ce docteur, complètement fou. A la fin, il accepte la mort et se projette même dans cette idée avec Violette, sa compagne.

Comment avez-vous choisi de raconter l’Holocauste ?

De mon point de vue, avec l’âge que j’ai et en tant que Française. J’aurais été incapable de faire une reconstitution historique. C’est comme le personnage de mon film. Tout ce qu’elle ne sait pas laisse place au phantasme et à l’imagination.

Comme par exemple avec la scène de l’assassinat d’Hitler. Parce que quand Salomon raconte à sa fille qu’il a tué le dictateur, il le raconte avec beaucoup d’excitation et c’est pour cela que sa fille l’imagine de cette façon. Elle veut voir son père comme un héros et imagine la scène de façon grandiose.

Pourquoi avoir choisi de faire du père un rescapé des camps ?

Pour des raisons personnelles : mon père est juif. Quand on cherche un personnage, on essaie de trouver ce qui le rend unique. En l’occurrence, un juif qui vit en France et qui a traversé la guerre.

Pourquoi le père lui dit-elle qu’elle n’est pas juive ?

Parce qu’il pense que ça la protège. Il vaut mieux pour elle qu’elle pense ne pas être juive.

Et aussi…
Présenté à Rendez-vous : Elle s’appelle Sabine
 

 

 

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