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Féerie d’un Noël alsacien

S’il est une région où la tradition de Noël est encore fortement ancrée chez ses habitants, c’est bien l’Alsace. La ferveur qui l’anime en fait une destination prisée pour la période des fêtes.

Sous le froid sec de l’hiver, on y vient pour retrouver un peu de la magie du Noël de notre enfance. Mais ici, dans ce pays qui a « inventé le sapin de Noël », chaque enfant, famille ou commerçant, met un point d’honneur à participer aux préparatifs.

Dans le quartier de la cathédrale, le marché bat son plein : les petits Strasbourgeois viennent y acheter au détail une figurine en bois, un sujet religieux, ou tout simplement croquer un bretzel fourré au salami ou un menele, pain brioché en forme de bonhomme que l’on mange pour la Saint-Nicolas. Chez eux, en famille, ils confectionnent des bredeles, ces petits gâteaux à l’anis ou au citron. Majestueuse, la cathédrale, en grès rose des Vosges, autrefois protestante, surveille ses ouailles. Dans son chœur, et uniquement pendant la période de l’Avent, on peut y admirer les magnifiques tapisseries, au nombre de 14, consacrées à la vie de la Vierge, que Richelieu avait fait faire pour Notre-Dame, à Paris.

Tout proche de l’agitation commerçante, le Palais Rohan reste une étape paisible qui abrite trois musées, arts décoratifs, Beaux-Arts et archéologie. C’est dans ces murs que Marie-Antoinette a passé sa première nuit en France. Strasbourg a cela de magique qu’elle reste une ville exotique à la fois pour les Allemands qui y viennent en grand nombre mais aussi pour les Français « de l’intérieur » pour lesquels elle reste encore très germanique.

L’Alsace, c’est aussi la patrie de Bartholdi, génie de l’art statuaire, qui aura donné sa Statue de la Liberté à l’Amérique, mais aussi de Gutenberg, de Rouget de Lisle, ou encore d’Albert Schweitzer, prix Nobel de la Paix pour son engagement au Gabon. La ville vient tout juste de consacrer l’enfant du pays, l’illustrateur Tomi Ungerer, dont les planches satiriques ont su capter New York dans les années 60, en lui dédiant un musée, de son vivant. Dans le quartier de la Petite France, telle une petite Venise de l’Est, il faut flâner sur le pont Vauban, faire une balade sur le canal d’Ill qui vous emmène voir de près le parlement européen, les institutions, qui donnent à Strasbourg son statut de capitale européenne et ville de l’amitié franco-allemande.

Dans le parc de l’Orangerie, où Napoléon a fait construire le pavillon pour Joséphine, les Strasbourgeois aiment à canoter en barque et les étudiants en Lettres viennent s’y réfugier pour lire Goethe. Dans son zoo, un centre de réintroduction des cigognes. Il faut absolument faire la route des vins qui traverse les deux départements.

Plus au sud, sur les collines du village de Molsheim, Gabrielle Neumeyer et son mari exploitent un domaine de seize hectares dont le quart de leur production est exporté. Les Vendanges Tardives sont déjà en bouteille et nous sommes en pleine époque de la taille, qui conditionne la qualité du vin à venir. Ils produisent la gamme des sept cépages que compte l’AOC des vins d’Alsace, mais le grand cru dont elle est très fière, et qui pousse dans ce vallon, c’est le Bruderthal. Oui, il faut partir, sous le brouillard givrant, à la découverte des villages typiques d’Alsace comme celui d’Hunspach, le protestant, avec ses maisons blanches à colombages noirs, encore très traditionnel.

Au marché de Noël, on vous servira un vin chaud au miel avec dégustation de pain d’épices. Dans celui de Betschdorf, dédié à la poterie en grès, gris et bleu, vernissée au sel, tout au bout du village, magnifique avec ses maisons alignées et ses crèches animées, Vincent Remmy, d’une famille de potiers depuis 1568 parle encore l’alsacien avec ses parents. Dans celui de Seebach, les fêtes religieuses, telle la Fête-Dieu, se célèbrent encore. De même qu’à Obernai la catholique, on doit s’arrêter pour le marché gastronomique et savourer une flammenkuche accompagnée d’un gewurztraminer.

À tous, nous souhaitons un Gleckika Wïanachta !
(Joyeux Noël en alsacien)

Carnets d’adresses

Y aller
TGV-Est au départ de Paris en 2h20

Où dormir

Hôtel Régent Petite France
5, rue des Moulins, Strasbourg
www.regent-hotels.com
De 219 $ à 449 $

Hôtel-Restaurant Chut
4, rue du Bain aux plantes, Strasbourg
www.hote-strasbourg.fr
235 $

Maison d’hôte Eva Lapp
42, rue du Village, Kurtzenhouse
http://gite67.lapp.free.fr
73 $ et 185 $ pour la suite familiale de 4 personnes

Les bonnes tables

Le clou
3, rue du Chaudron, Strasbourg
www.le-clou.com

Le Bistro des Saveurs
35, rue de Sélestat, Obernai
011 33 (3) 88 49 90 41

Le Caseus Dei
24, rue Ste Odile, Obernai
www.lecaseusdei.com

Visiter

Château du Haut-Koenigsbourg
Château fort moyenâgeux dans lequel fut tourné le film La grande illusion
www.tourisme-alsace.com

Musée Tomi Ungerer
Villa Greiner , 2 avenue de la Marseillaise, Strasbourg
011 33 (3) 69 06 37 27

Musée d’Art moderne et contemporain
1 place Hans-Jean Arp, Strasbourg
www.musees-strasbourg.org

Musée Bartholdi
30, rue des Marchands, Colmar
011 33 (3) 89 41 90 60

Le Grès de Remmy
8, route de Soufflenheim, Betschdorf
www.gres-remmy.com

Domaine Gérard Neumeyer
29, rue Ettore Bugatti, Molsheim
www.gerardneumeyer.fr

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