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Fernand Duchaussoy, un Ch’ti à la tête de l’équipe de France

Physique en rondeurs et humour en bandoulière, Fernand Duchaussoy a gravi un à un les échelons du football amateur jusqu’à devenir vendredi le président par intérim de la Fédération française (FFF). Avec la volonté affichée de reprendre en main l’équipe de France.

Celui que son prédécesseur, Jean-Pierre Escalettes, a appelé le «sous-pape de sécurité» devient le pape du ballon rond hexagonal, après une longue carrière de dirigeant commencée dans les années 80.

Le Ch’ti fait son premier pas vers le sommet de la FFF près de Berck, dans le Pas-de-Calais, à l’AS Rang-du-Fliers, dont il assure la présidence de 1981 à 1988. Cet ancien gardien de but se décrivait lui-même, en 2008, comme «le Aulas des troisièmes divisions de district».

«Jamais de conflit» sous l’autorité de Duchaussoy, se rappelle Eric Margueritte, l’actuel président du club des marais de Balançon, qui était alors capitaine de l’équipe première. «C’était un bon président, reconte-t-il. C’est lui qui a lancé l’école de football dans les années 80. Il savait mettre en valeur les gens et il a toujours une blague à sortir.»

Fernand Duchaussoy a ensuite pris du galon en devenant successivement président du district de Côte d’Opale (1992-1997), de la Ligue Nord-Pas-de-Calais (1997-2005), de la Ligue de football amateur (LFA) en 2005 et enfin vice-président du CNOSF depuis juin 2009.

L’ancien professeur de physique sait manoeuvrer. «Disons qu’il a bien préparé son élection», estime avec retenue un membre du conseil fédéral sous couvert d’anonymat. «C’est un homme de consensus. Après les évènements malheureux de l’équipe de France, il a su être une présence, montrer ses capacités et ses compétences, alors que ça n’était pas facile, c’est un ami d’Escalettes», ajoute un autre membre, le Dr Pierre Rochcongar.

«Un imbécile qui marche»

Il lui est arrivé, lors d’un même discours, de se comparer à Johnny Hallyday, qui a le même âge – 67 ans -, et de citer la chanteuse Tina Arena, Aragon et Audiard: «Un imbécile qui marche va toujours plus loin que deux intellectuels assis».

«C’est dans son style de manier une note d’humour pour maintenir une bonne ambiance, mais il sait défendre ses idées: il garde sa ligne», confirme le Dr Rochcongar.

Derrière les plaisanteries, Fernand Duchaussoy fait preuve d’autorité, comme quand il veut remettre les Bleus à leur place. «Le président de la Fédération est aussi le patron de l’équipe de France, ça ne se partage pas», explique-t-il dans les colonnes du Parisien.

Le Berckois se rendra en Norvège avec les Bleus en août «pour prendre les choses en main d’entrée» : «Laurent Blanc sera le patron technique, je serai le patron tout court».

Un patron que les pros irritent parfois. «C’est avec ceux qui ne pensent qu’à l’argent et au business que ça coince», affirmait-t-il récemment dans le journal Le Réveil de Berck.

Le climat n’est pas au beau fixe entre les deux hémisphères du ballon rond, mais le Nordiste a prévenu dans Le Parisien: «Je ne serai pas le président de la rupture entre monde professionnel et le monde amateur: s’il y a divorce, ce ne sera pas de ma faute.»

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