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Festival America : les auteurs anglo-saxons cartonnent en France

La littérature américaine a la cote en France et s’impose toujours dans les rayons des librairies, avec des stars à la longévité exceptionnelle et de nouveaux auteurs qui cartonnent, même si les éditeurs regardent aussi de plus en plus ailleurs.

Les Français peuvent découvrir soixante de ces écrivains nord-américains (Etats-Unis, mais aussi Canada, Antilles, Cuba, Mexique, Haïti) jusqu’à dimanche au Festival America, à Vincennes (Val-de-Marne). Ce sont les anglophones qui y tiennent le haut du pavé, comme dans l’édition. Sur 8.692 romans parus en France en 2009, on comptait 3.499 livres étrangers dont 2.669 traduits de l’anglais (Etats-Unis, Grande-Bretagne ou Australie), indique Fabrice Piault du magazine spécialisé Livres Hebdo. 
Mais à eux seuls, les Américains représentent plus de la moitié des anglophones traduits.
Comment les éditeurs choisissent-ils de se lancer dans une traduction? Il y a bien sûr les stars comme Bret Easton Ellis, présent au festival et dont le dernier roman, “Suite(s) impériale(s)” (Robert Laffont), tiré au départ à 50.000 exemplaires, atteint aujourd’hui les 90.000 selon son éditeur. Il y d’autres grosses pointures comme Paul Auster, Tom Wolfe, James Ellroy, Douglas Kennedy ou Jim Harrison, dont les livres sont toujours attendus, mais aussi de jeunes auteurs qu’il faut débusquer.
“Les critères sont très personnels. Il y a des manuscrits qui vous parlent, avec une qualité d’écriture et de narration, les agents américains en qui on a confiance, nos auteurs étrangers qui nous signalent un jeune écrivain, le relais des éditeurs européens”, explique à l’AFP Maggie Doyle, responsable des acquisitions étrangères chez Robert Laffont.
“A New York, nous avons aussi un ‘scout’, un découvreur de talents. La concurrence est très forte, les gens sont à l’affût avant même que les livres soient publiés aux Etats-Unis”, ajoute-t-elle. “C’est avec tous ces réseaux que de nouveaux talents sont détectés”. “Pas loin de 40% du domaine étranger de Belfond est nord-américain. Cela peut néanmoins varier d’une année sur l’autre. En 2010, nous publions pas mal d’auteurs britanniques”, relève Maggie Doyle.

Chez Albin Michel, “plus de 40% de la littérature étrangère est traduite de l’anglais et chaque génération de lecteurs a ses écrivains”, note Francis Geffard, secrétaire général du festival et directeur de collection. Certains auteurs disparus comme John Updike ou Saul Bellow sont moins lus, note-t-il. D’autres, comme John Fante, mort en 1983, ont toujours un public et son fils, Dan Fante, dont le premier livre était d’abord paru en France en 1996, est invité à Vincennes.
Douglas Kennedy a aussi été un temps “persona non grata” aux Etats-Unis, tandis qu’il faisait un carton en Europe.

Pour Laurence Deschamps, chef de produit livres à la Fnac, partenaire du festival, “beaucoup d’auteurs nord-américains ont une longévité extraordinaire. Il y a une fidélité très forte du public français envers des auteurs américains”, estime-t-elle, citant Jim Harrison ou Philip Roth. “La prédominance des Anglo-Saxons est très nette chez nous comme ailleurs”, résume-t-elle.

“Face à la profusion de romans qui paraissent aux Etats-Unis, je recherche des voix américaines venues d’ailleurs mais jamais teintées d’exotisme”, confie Marie-Pierre Gracedieu, directrice de la collection Cosmopolite chez Stock.

Ainsi, “nous avons découvert Tania James, une Américaine d’origine indienne dont nous publions le premier roman, ‘L’Atlas des inconnus'”, poursuit-elle. La jeune auteur participe au Festival America.

 

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