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Festival d’Avignon: de “l’audace” et un taux de fréquentation record

Le Festival d’Avignon a présenté dimanche le bilan de sa 64e édition, qui affiche un taux de fréquentation “record”, preuve que “l’audace” et “l’esprit de découverte” paient auprès du public, selon Vincent Baudriller, co-directeur de la manifestation avec Hortense Archambault.

La grande manifestation du spectacle vivant contemporain, qui s’achèvera mardi, a délivré 116.000 billets pour une jauge totale de 122.000 places, “soit une fréquentation record de 95%”, selon le communiqué bilan de cette édition 2010, inaugurée le 7 juillet. Ce taux en hausse d’un point par rapport à 2009 est cependant à relativiser car le festival avait mis en vente davantage de billets l’an dernier (133.000).

Pour Vincent Baudriller, “cela traduit une très forte réponse du public à une programmation qui continuer de parier sur l’audace et un esprit de découverte”. Sur un mode moins radical qu’en 2005, édition qui avait provoqué une controverse autour de l'”artiste associé” flamand Jan Fabre, ce millésime 2010 aura été assez loin dans l’exploration de nouvelles écritures scéniques, avec un humour parfois décalé et des formes hybrides. “On essaie de faire chaque année un festival différent. L’an dernier, il était très ancré dans l’épopée, cette année il a été axé à la fois sur l’écriture et la musicalité”, avec l’écrivain Olivier Cadiot et le metteur en scène suisse Christoph Marthaler, a expliqué à l’AFP Vincent Baudriller. “Beaucoup de propositions ont offert un rapport au temps particulier, de nouvelles cérémonies théâtrales”, a-t-il souligné, citant les spectacles de Gisèle Vienne, Philippe Quesne et Josef Nadj notamment. “Beaucoup des artistes se sont intéressés au petit, à la marge, en proposant une certaine façon de regarder l’être humain, du côté de sa fragilité”, a ajouté le programmateur.

Le théâtre de texte et les grands acteurs ont-ils été minorés, comme le pensent certains détracteurs du In ? Vincent Baudriller n’est pas de cet avis, citant Denis Podalydès dans “Richard II” de Shakespeare, Clotilde Hesme chez Brecht, Valérie Dréville pour Ionesco. Sans oublier “l’engagement très fort” de Laurent Poitrenaux auprès d’Olivier Cadiot.
Parmi les moments mémorables du festival, le directeur retient la venue d’Angélica Liddell, adepte d’un théâtre de la souffrance qui vient des tripes. “C’était une des propositions les plus radicales, mais elle s’est révélée la plus fédératrice”, s’est réjoui Vincent Baudriller. Lequel n’oublie pas “Schutz vor der Zukunft”, le bouleversant requiem pour les victimes de l’eugénisme nazi de Christoph Marthaler, “un des plus beaux spectacles que j’ai vu dans ma vie”.

En 2011, Boris Charmatz sera l'”artiste associé” du 65e festival. “On retrouve un chorégraphe, la danse a beaucoup à dire”, fait valoir le codirecteur, qui promet toutefois “un équilibre entre les formes” (théâtrales, chorégraphiques, etc.). 
Mais quel est l’avenir du tandem directorial Archambault-Baudriller après 2011 ? Avignon, qui se passionne pour les spectacles (longues files d’attente, ovations et parfois huées), a aussi bruissé de rumeurs sur des candidatures parisiennes renommées. “Nous avons exprimé le souhait de mener à bien notre projet de transformation du festival”, indique tranquillement Vincent Baudriller, qui espère avec Hortense Archambault être reconduit jusqu’en 2015, notamment pour accompagner l’ouverture d’un nouveau lieu de répétition et de résidence pour les artistes. “Ce festival rencontre un succès public et artistique, c’est ça le plus important”, conclut-il.

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