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Festival de Cannes: “Etreintes brisées”, une “métaphore” de l’Espagne pour Pedro Almodovar

“Etreintes brisées” de Pedro Almodovar où un cinéaste affronte un passé douloureux et remonte un film saboté par son producteur 14 ans plus tôt, est “une métaphore de l’Espagne”, a affirmé le réalisateur au Festival de Cannes, défendant le “droit moral” des auteurs.

Dévoilé mardi en compétition officielle, le film est “aussi une métaphore de ce qui est en train de se produire en Espagne”, a indiqué le metteur en scène espagnol à la presse, au côté de son actrice Pénelope Cruz.

“A la fin des années 70, les Espagnols ont délibérément décidé d’oublier le passé. C’était indispensable pour qu’ils puissent se doter d’une nouvelle Constitution qui soit tournée vers l’avenir. A ce moment-là, il fallait oublier le passé dans les deux camps”, a-t-il dit.

La dictature franquiste a duré de 1939 à 1975. “Nous vivons en démocratie depuis 30 ans, les choses ont changé. Il est maintenant indispensable de retrouver la mémoire du passé. Nous avons une loi, la loi de la Mémoire historique” (une loi de réhabilitation des victimes de la Guerre civile et de la dictature franquiste votée fin 2007, NDLR).

“J’aimerais qu’elle soit appliquée avec plus de force et de rigueur qu’elle ne l’est. C’est ce que les socialistes avaient promis pendant leur campagne électorale”, a poursuivi le réalisateur. Almodovar a par ailleurs fait un vibrant plaidoyer pour la défense du droit d’auteur des cinéastes sur leurs films. “L’intégrité du film appartient à l’auteur. C’est fondamental pour nous”, a affirmé le cinéaste, se félicitant que “nous ayons la chance en Europe d’avoir des droits qui protègent les auteurs. Aux Etats-Unis, c’est le producteur qui est le propriétaire du film”.

“Il ne faut pas laisser quelqu’un d’autre s’interposer entre l’auteur et le film qu’il a voulu faire. Si ça m’arrivait, je tuerais le producteur !”, s’est exclamé Almodovar, affirmant se “reconnaître dans l’image d’un John Huston terminant un tournage “entouré d’appareils de salle de réanimation”.

“Etreintes brisées” se clôt sur une réplique en forme de profession de foi : “Les films, il faut toujours les terminer, même si on est devenu aveugle”. Célèbre portraitiste de femmes, Almodovar a aussi “promis de plus en plus de personnages masculins” dans ses films.

“Jusque là, ils m’intimidaient un peu, mais de moins en moins. Le problème, c’est que les personnages masculins qui me viennent à l’esprit sont en général des personnages terribles”, a-t-il dit en riant.

Il a aussi indiqué que sa comédie “Femmes au bord de la crise de nerfs” (1988) faisait l’objet d’une adaptation en série télévisée, produite par la chaîne américaine Fox TV. Des répétitions commenceront également en juin à Broadway pour une comédie musicale tirée du film, a ajouté le cinéaste.

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