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Festival TBA à Portland

Tous les ans début septembre, le PICA (Portland Institute for Contemporary Art) organise un important festival d’art multi-média, le Time-Based Art (TBA) festival . Rencontre avec Mark Russel, le directeur artistique, qui nous confie sa vision du théâtre contemporain et du TBA.

France-Amérique: C’est la troisième année que vous dirigez le festival TBA de Portland, il semble que beaucoup d’artistes français soient à l’honneur pour cette édition 2008.
Mark Russel: Oui en effet. Il y a bien sûr Jérôme Bel que j’avais déjà invité il y a deux ans et qui est l’un des artistes majeurs du TBA 2008. Sa pièce Pitchet Klunchun and Myself (Pitchet Klunchun et Moi-Même), met en scène la rencontre de deux types de danses à priori très différents: la danse conceptuelle et la danse thaï traditionnelle. Il y a également Philippe Parreno, qui présente son film sur Zidane, et Philippe Quesne et son one man show L’effet de Serge. J’ai également invité cette année Superamas, un groupe franco-autrichien fantastique.

F.-A.: Comment avez-vous rencontré et connu les artistes français sélectionnés pour le TBA ?

M.R.: En décembre 2005, j’ai fait partie de l’organisation d’Act French à New York, un festival de théâtre français soutenu par les services culturels de l’ambassade française et par l’Association d’Action Artistique. J’ai dû me rendre en France pour y découvrir la scène contemporaine et rencontrer des artistes potentiels pour Act French. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à trouver grand-chose de nouveau en allant là-bas. Et j’ai été extrêmement surpris par la richesse de la scène théâtrale française. C’est comme ça que j’ai commencé à travailler avec des artistes français, j’ai senti qu’il serait très intéressant de faire connaître leur travail à l’étranger.

F.-A.: Quelle est la particularité de ces artistes français et en quoi correspondent-ils à l’esprit du TBA ?
M.R.:Tous ces artistes, que ce soit Jérôme Bel ou Superama, ont la même vision du spectacle contemporain que moi. On pourrait la résumer ainsi: «si vous savez ce que vous êtes en train de faire, vous ne faites pas vraiment de l’art contemporain ». Ils parviennent à répondre aux questionnements sur le pourquoi de la danse et du théâtre. Et c’est d’autant plus difficile d’y répondre aujourd’hui que l’art est en concurrence avec des centaines d’autres activités comme l’Internet, le shopping, le sport…Les artistes français que j’ai choisis réussissent à donner une signification à part entière à l’expérience théâtrale. Dans leurs spectacles, ils transmettent l’essence du théâtre. Cependant, ils la transmettent chacun de façon très différente. Superama est un spectacle très high tech ; les acteurs utilisent beaucoup de moyens multimédias. Philippe Quesne au contraire est seul sur la scène avec une table de ping-pong pour unique décor.

F.-A.: On dit souvent que le TBA est le seul festival de type européen ayant lieu sur le sol Américain. Pourriez vous nous expliquer ce qui différencie le festival « type américain » du festival à l’européenne ?
M.R.:Les festivals américains en général ne prévoient pas de lieux ou de moments spécifiques où tous les artistes présents peuvent se rencontrer. Les dates des représentations sont très étalées dans le temps et les artistes n’assistent donc pas aux spectacles respectifs de leurs collègues. Le TBA au contraire, comme les festivals en Europe, a choisi de regrouper tous les événements sur dix jours afin que les artistes puissent se rencontrer plus facilement. Nous souhaitons vraiment créer des liens entre eux. Le TBA est bien plus une expérience artistique de communauté qu’une simple mise en valeur d’artistes séparés. Superama par exemple est arrivé hier et dès aujourd’hui les acteurs vont assister au spectacle d’un groupe portugais puis d’un groupe américain.

F.-A.: Vous avez été pendant vingt ans le directeur de PS 122 (ndlr. Performance Space 122), l’un des plus vieux théâtre « off Broadway » de New York. Après la direction de PS 122 et le TBA de Portland quels sont vos prochains projets ?
M.R.:J’ai créé en 2005 Under the radar festival à New York afin de faire découvrir des nouveaux talents venus du monde entier mais aussi de leur faire rencontrer des artistes déjà réputés. Je vais naturellement poursuivre cette expérience cette année. Mon but est de créer une véritable communauté artistique à travers le monde!


Time Based Art Festival, jusqu’au 14 septembre

Des ateliers et des débarts sont proposés avec les artistes – dont le chorégraphe Jérome Bel ou le metteur en scène et créateur Philippe Quesnes – dont les œuvres seront au programme.
Le sport est également de la partie grâce au film de Douglas Gordon et Philippe Parreno, Zidane, un portrait du 21e siècle. Dix-sept caméras ont suivi le joueur français pendant une rencontre entre le Real Madrid et le Villareal. Loin du format habituel du match télévisé, ce documentaire s’attache au pas d’un héros des temps modernes dans son élément. Bande annonce sur le site du distributeur.

Zidane, un portrait du 21e siècle
Vendredi 12 septembre, 18h30
Dimanche 14 septembre, 19h30
Northwest Film Center Whitsell Auditorium at Portland Art Museum
1219 SW Park
Portland OR 97205

Philippe Quesne, L’Effet de Serge
Du jeudi 11 au dimanche 14 septembre, 18h30
Imago Theatre
17 SE 8th Ave.
Portland OR 97214

Superamas
Du vendredi 12 au dimanche 14 septembre, 20h30
Portland State University (PSU): Lincoln Hall
1620 SW Park
Portland OR 97201

www.pica.org

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