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Fillon candidat à la présidence de l’UMP

François Fillon a annoncé samedi sa candidature à la présidence de l’UMP, donnant ainsi le coup d’envoi de la bataille pour la prise du principal parti d’opposition, deux mois à peine après l’échec à la présidentielle de Nicolas Sarkozy.

C’est par un message sur son compte twitter que l’ex Premier ministre a décidé d’officialiser sa candidature, qui ne faisait guère de doute après les ralliements et les appels en ce sens de plusieurs ténors de l’UMP. “Mon devoir est de rassembler toutes les familles de la droite et du centre”, a écrit François Fillon sur le réseau de microblogging, avant d’ajouter: “Je suis candidat à la présidence de l’UMP!”. Et de renvoyer à une interview accordée au Journal du Dimanche à paraître le 1er juillet.

La bataille avec son rival Jean-François Copé, actuel secrétaire général du parti, qui a aussi l’ambition de devenir le chef de l’opposition en vue de la présidentielle de 2017, est donc lancée, même si ce dernier n’a pas fait encore acte de candidature officiellement. “A trois jours de la déclaration de politique générale du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, la priorité c’est d’organiser l’opposition parlementaire, pas la présidence de l’UMP”, a aussitôt réagi auprès de l’AFP le patron des députés UMP, Christian Jacob, proche de M. Copé, qualifiant de “non évènement” la candidature Fillon.

Il a souhaité en outre que le député-maire de Meaux soit candidat, “le moment venu”. C’est à l’automne – M. Copé propose novembre – que le nom du gagnant sera connu lors d’un congrès du parti où les militants éliront leur président. Après l’échec à la présidentielle de Nicolas Sarkozy, François Fillon avait donné mi-mai le coup d’envoi des hostilités en affirmant qu’avec le départ de l’ex chef de l’Etat, il n’y avait “plus à l’UMP, de leader naturel”. Cahin caha, durant la campagne des législatives, Jean-François Copé s’était employé à retarder la confrontation et les réglements de comptes, en plaidant l’unité pour cette échéance électorale.

Sitôt achevée la campagne, chaque camp a fourbi ses armes avec un premier match: la présidence du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Ce premier round a été remporté haut la main par le camp Copé, avec le reconduction à ce poste de Christian Jacob face à celui du camp Fillon, Xavier Bertrand, même si ce dernier s’en est défendu. Critiques de Roselyne Bachelot, ralliement de Valérie Pécresse à François Fillon, piques de Nathalie Kosciusko-Morizet, appel de Laurent Wauquiez à lui laisser le champ libre… la semaine dernière les pro-Fillon ont multiplié les offensives contre Copé.

Inquiet d’un démarrage brutal de la campagne pour la présidence de l’UMP, l’ex Premier ministre a proposé jeudi un “serment de sagesse” dont Alain Juppé et lui-même seraient les garants. “Je trouve cette compétition (…) à la fois inutile et dangereuse”, s’était ému vendredi l’ancien ministre des Affaires étrangères. Et de regretter que la présidentielle de 2017 “commence à hanter tous les esprits”. Il a rappelé son souhait de primaires ouvertes en 2016, en réaffirmant qu'”il n’en serait pas”.

Pour lui, “l’UMP a besoin de clarifier ses valeurs”, de “bâtir un nouveau projet” et “pour cela on n’a pas besoin d’un chef, il nous faut une équipe dirigeante qui soit capable de concilier notre unité et notre diversité”, a-t-il dit également. Manière de se décrire comme celui qui serait l’homme de la situation pour présider l’UMP jusqu’en 2015, avant la sélection pour la présidentielle de 2017.

Jean-François Copé a décidé de lancer une réflexion d’un mois, en juillet, sur les “valeurs” après les déchirements concernant la stratégie adoptée par Nicolas Sarkozy, jugée trop droitière par nombre de responsables du parti. A l’UMP, certains prédisaient samedi soir de nombreuses candidatures et d’autres s’étonnaient du choix “parisien” de Fillon de se déclarer via Twitter et le JDD.

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