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Fin de carrière pour Michel Rocard

L’ancien Premier ministre PS Michel Rocard a annoncé mercredi “la fin de ses mandats politiques”, puisqu’il ne se représentera pas aux élections européennes de 2009. Il a aussi ajouté qu’il pourrait quitter le PS en cas de victoire de Ségolène Royal.

Interrogé lors de l’émission “Questions d’info” (LCP/France Info/AFP), sur une nouvelle candidature – il siège au Parlement de Strasbourg depuis 1994 – M. Rocard a répondu: “non, trois mandats, c’est bien, je suis content comme ça”. “C’est la fin de mes mandats, mais je fais de la politique par l’écrit et le débat d’idées, et ça, je ne suis pas près de le quitter”, a assuré M. Rocard, âgé de 78 ans.

Il n’a pas exclu de quitter le parti socialiste si Ségolène Royal devait l’emporter lors du Congrès de Reims. Interrogé sur ce point, Michel Rocard a répondu indirectement : “Je vais fêter l’an prochain mes soixante ans de parti. J’ai tout endigué : la guerre d’Algérie, les trahisons de Guy Mollet, la folie des premières nationalisations de 1981 qui ont failli mettre notre économie à genoux. On a digéré beaucoup de choses”. “C’est vrai que ce résultat ne me ferait pas plaisir”, a-t-il ajouté à propos de Ségolène Royal.

Il avait été réélu en 2004 député européen de la région sud-est, dont il conduisait la liste PS. Celui qui a été chef de gouvernement, ministre, député des Yvelines, maire juge que sa carrière “a été riche”. “La chance m’a été donnée – ma continuité de conviction y a peut-être aidé aussi – de faire pas mal de choses”, a-t-il observé.
Comme on lui demandait s’il avait un regret, l’ancien Premier ministre de François Mitterrand a relevé : “les bons spécialistes de la politique disent que la faute de ma carrière, c’est d’avoir accepté de devenir le premier secrétaire du PS, un métier difficile” (ndlr: en avril 1993, après la déroute du PS aux législatives). Un choix qui lui aurait coûté, selon ces analystes, la course à la présidentielle.
“C’est peut-être vrai”, a poursuivi M. Rocard. Mais “j’ai été un Premier ministre qui a eu la chance de pouvoir être efficace : il fallait mettre sur pied la décentralisation, redresser les finances publiques, faire la paix en Nouvelle-Calédonie, inventer la prise en charge d’adultes valides – c’est le RMI”. “J’ai pu aussi sauver Air France et Renault…”
“Je suis très fier de tout ça”, a poursuivi l’eurodéputé. “Ma vraie perte de sondages, c’est la CSG”, a-t-il estimé. “Or, je suis extrêmement fier de l’avoir fait” (ndlr: quand il était à Matignon, entre 1988 et 1991). “Donc, aucun regret, c’est plutôt une fierté”, a conclu M. Rocard.

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