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FLAX de Los Angeles: un pont pour la création contemporaine

Passerelle entre les artistes contemporains français et le public américain, la Fondation FLAX – France, Los Angeles Exchange – accueille à Los Angeles le festival de musique Ooh la L.A, ainsi qu’une foule d’autres projets artistiques. Pour sa directrice, Elizabeth Forney, pas question de rester trop confidentiel. Rencontre avec une femme qui ouvre les horizon.

Quelle est la particularité du monde de l’art à Los Angeles ?

Los Angeles est devenue ces dernières années la deuxième capitale de l’art contemporain aux Etats-Unis, rivalisant même avec New York dans ce domaine. Il y a une véritable explosion des artistes californiens, un grand dynamisme de la part des organismes culturels. Le phénomène n’est pas encore très reconnu par le public, mais il l’est déjà très largement dans le milieu de l’art.
La fondation Getty lance d’ailleurs le Pacific Standard Time, une série d’expositions et d’événements qui reviendront sur les années post-seconde guerre mondiale, de 1945 à 1980, dans toute la Californie du Sud. Pour cela, elle soutient une cinquantaine de grandes expositions dans les musées et institutions de la Californie du Sud, de Los Angeles à San Diego. Cette initiative permettra de redécouvrir des artistes moins connus du grand public que Paul MC Carthy ou Mike Kelley. Parallèlement, la première Biennale d’art contemporain de L.A, prévue pour 2012, sera l’occasion de suivre la nouvelle génération.

Quels ont été les défis au démarrage du FLAX ?

Les Américains sont curieux de la France mais en ont souvent une image assez “ancienne”. Ils connaissent très bien les artistes classiques, mais sont moins au fait de la création contemporaine, particulièrement à Los Angeles. 
À mon arrivée, les deux co-fondateurs du FLAX, Gerald du Manoir et Lionel Sauvage avaient mis en place un budget et une structure juridique, mais il nous fallait créer une stratégie et une vision pour la fondation. Le défi était énorme et passionnant.
Nos collaborations régulières avec le Hammer et le MOCA, les deux musées d’Art contemporain à Los Angeles, nous ont apporté une certaine notoriété, et depuis 2009, nous sommes considéré comme un interlocuteur privilégiés. Avec les théâtres et les musées de la ville, notre mot d’ordre est le dialogue. Nous ne voulons pas “imposer” la culture française en bloc.

Comment s’articule ce dialogue dans votre programmation ?

Dans le cadre de l’exposition mise en place par la fondation Getty, nous soutenons le film Who’s that Guy?, un documentaire de 80 mn réalisé par Marie de Brugerolle; une jeune commissaire d’exposition indépendante. Dans ce “portrait d’artistes par des artistes”, une vingtaine d’artistes contemporains, de Guy de Cointet, à John Baldessari, ou encore Larry Bell et Paul Mc Carthy, apportent un éclairage nouveau sur la scène artistisque de Los Angeles des années 1970-80. À la fin du mois de septembre, en collaboration avec le label Barclay, nous présenterons le festival Ooh la L.A : trois jours de concerts, trois concerts par jour. Cette année, Birdy Nam Nam, Hindie Zara ou encore Nouvelle Vague viennent présenter la jeune scène musicale française. Cela fait trois ans que nous soutenons cette initiative, et c’est une très belle aventure.
Il y aura aussi la cinquème édition de notre festival Jeunes Talents: huit étudiants américains sont envoyés en France,  à Metz, Toulouse, Rouen et en Martinique, faire un ensemble de photographies pour Atout France, qui promeut le tourisme français aux Etats-Unis. Ce regard neuf sur la France est un filtre rafraîchissant. Nous exposerons leurs photographies dans deux galeries, à New York  et à Los Angeles. Enfin à l’automne 2012, nous soutenons la résidence de Cyprien Gaillard, lauréat du prix Marcel Duchamp 2010 au musée Hammer.

Pensez-vous que la culture puisse être génératrice de croissance pour une ville, un pays ?

Sans sa créativité inouïe dans les années soixante, Londres n’aurait jamais été la capitale des affaires qu’elle est devenue. C’est le cas de Berlin, dont la jeune scène artistique a entraîné, ces dernières années, une croissance inespérée, faisant de la ville l’une des plus dynamiques d’Europe aujourd’hui. Plus que la culture en général, qui peut-être “officielle” ou patrimoniale, au risque de créer des ville-musées tournées vers le passé, c’est la créativité émergeant des nouvelles générations, à l’avant-garde, qui est fondamentale. Paris vit aujourd’hui ce renouveau, avec une jeune scène de plasticiens ayant su dépasser les références, parfois écrasantes, aux grands maîtres du passé. FLAX a tenu à mettre en valeur cette nouvelle “french touch” qui permet à Paris de redevenir, aux yeux de nos voisins, cette ville en phase avec son temps – ouverte, audacieuse et regardant vers l’avenir. C’est l’un des objectifs de l’exposition “Lost in LA” qui est notre grand projet pour 2012.

Parlez-nous de ce projet “Lost in LA“…

Cette exposition réalisée en partenariat avec le Palais de Tokyo et Marc Olivier Wahler, et en collaboration avec le MOCA et le LAX Art, sera l’occasion d’une rencontre entre une vingtaine d’artistes contemporains français et californiens. Elle aura lieu fin 2012 au Los Angeles Art Municipal Gallery, un lieu très emblématique à Hollywood. Le projet est en plein développement et nous sommes très heureux de cette perspective, car elle est à l’image du FLAX: une programmation exigeante, ouverte au plus grand nombre.

Informations pratiques:

Le FLAX:  http://www.flaxfoundation.com/

Exposition Jeunes Talents:  www.jeunes-talents.com.

Festival de musique Ooh la L.A: www.oohlalafestival.com

Exposition Pacific Standard Time:  http://www.getty.edu/pacificstandardtime/

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