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Fleur Pellerin : “Google doit respecter les lois de notre pays”

L’inauguration du “Lab” de Google mardi à Paris a été marquée par la défection surprise de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, remplacée au pied levé par sa collègue du numérique Fleur Pellerin qui a tenu un discours ferme au géant de l’internet.

Le groupe américain Google “n’est pas un ennemi de la France”, a tenu à souligner la ministre déléguée à l’Economie numérique Fleur Pellerin, dans une allocution prononcée dans les locaux de Google France qui abritent ce Lab, nouvel espace de rencontre avec les acteurs de la culture. “Mais, et je le redis avec force, il n’est pas question de renoncer à nos valeurs, à notre idée d’une société plus juste, plus ouverte et plus égalitaire” et “Google, comme les grands acteurs de l’internet, doit respecter strictement les lois de notre pays”, a ajouté Mme Pellerin.

Elle a cité la nécessité de “garantir un internet ouvert et non discriminatoire”, de “protéger les données personnelles et la vie privée”, et jugé “inacceptables” les “stratégies d’optimisation fiscales”. David Kessler, conseiller culture et médias du président de la République François Hollande, était présent ainsi que deux conseillers du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Après le désistement inopiné d’Aurélie Filippetti, l’Elysée et Matignon avaient demandé à Fleur Pellerin, de la remplacer chez Google, selon une source proche du dossier. Quelques heures auparavant, Aurélie Filippetti avait fait sensation en annulant au dernier moment sa venue à l’inauguration du Lab par Vint Cerf, vice-président du géant américain de l’internet.

“Malgré la qualité du projet de l’Institut culturel de Google, la ministre ne souhaite pas servir de caution” au groupe américain, expliquait son cabinet. La ministre attend que “Google s’engage plus résolument sur plusieurs sujets, comme la fiscalité et la protection des données personnelles”. La ministre veut également veiller à “l’équilibre” des contrats entre les établissements publics et Google dans le cadre du Google Art Project, qui montre des oeuvres de musées partenaires sur son site.

Google surpris par la décision d’Aurélie Filippetti

L’Adami, société qui représente les artistes interprètes, a salué dans un communiqué “la décision courageuse” de la ministre de la Culture. L’ADAGP, société française de perception et de répartition des droits d’auteur dans le domaine des arts graphiques et plastiques, s’est réjouie elle aussi de cette décision. Google ne s’attendait pas au désistement de Mme Filippetti. “Nous sommes surpris de la décision personnelle de la ministre de la Culture de ne pas venir aujourd’hui”, a déclaré Nick Leeder, directeur général de Google France dans un court communiqué diffusé dans l’après-midi.

“La France est la Silicon Valley de la culture et il était une évidence pour Google d’y installer son institut culturel”, a ajouté Nick Leeder quelques heures plus tard lors de l’inauguration. De nombreux dirigeants et représentants de musées et d’institutions culturelles françaises, partenaires de l’Insitut culturel, étaient présents. Deux ans et demi après la création de son Institut culturel, jusqu’alors plateforme internet uniquement, Google lui a donné un espace physique de 340 m2, pour faciliter les rencontres entre les acteurs culturels et ses ingénieurs.

Le Lab, qui n’est pas accessible au grand public, est “un lieu de travail et une invitation au secteur culturel à venir chercher des solutions permises par les nouvelles technologies”, selon Laurent Gaveau, directeur du Lab, en charge de la programmation. A ses partenaires culturels, le Lab propose un atelier équipé de technologies expérimentales. Le Lab lance également un programme de résidences pour de jeunes artistes contemporains du monde entier.

L’Institut culturel de Google, dirigé par Amit Sood, a été créé à Paris en 2011 autour d’une équipe d’ingénieurs. Google s’est associé à près de 400 musées et institutions culturelles issus de 50 pays pour donner accès sur une plateforme en ligne à des oeuvres d’art (Google Art project), des archives historiques et des monuments.

 

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