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Florence Almozini, la « Cinéfille » du BAM

La cinémathèque de Brooklyn ressemble à ce que l’on imaginait : en retrait des organes officiels de Manhattan, avec une programmation à l’image de son public de «locaux», pointue, éclectique, curieuse. La Française Florence Almozini, qui programme les films à la Brooklyn Academy of Music, grand bâtiment pluridisciplinaire dans le downtown de Brooklyn, est un personnage clé de la cinéphilie brooklynoise.

La France y est bien représentée : la BAMcinématek a accueilli Arnaud Desplechin pour une carte blanche cet été, et attend Juliette Binoche et Isabelle Huppert à la rentrée. La cinémathèque vient de fêter ses dix ans. À cette occasion, le festival BAMcinemaFEST a également présenté une nouvelle copie de La sirène du Mississipi de François Truffaut, drame policier tortueux avec Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo, un film peu montré sur le territoire a

méricain.

Comment êtes vous arrivée à BAM ?

Je vis depuis 15 ans aux États-Unis, je faisais partie de la scène cinéphile de Brooklyn : c’est le fruit du hasard mais aussi la passion de montrer des films. Au début je programmais des films à Ocularis, à Brooklyn. Puis BAM a ouvert un cinéma il y a dix ans et j’ai été embauchée à la création de la BAMcinématek, pour m’occuper d’une salle d’art et d’essai et de la programmation « répertoire », comme on dit aux États-Unis.

Qu’est-ce qui différencie la programmation des films à BAM ?

Chaque institution culturelle new-yorkaise a ses spécificités : à BAM, on s’inspire des bons programmes des autres, en apportant nos particularités. J’aime beaucoup Film Forum (ndlr, dans le West Village), ils choisissent des films que l’on voit nulle part ailleurs. La Film Society du Lincoln Center (Upper West Side) présente des programmes complets et internationaux, ce qui permet d’aller voir des œuvres d’une région du monde pendant trois semaines. C’est passionnant et ça m’inspire beaucoup. J’essaye de faire à BAM une programmation très variée, moins complète, qui permet aux Américains de découvrir des auteurs. Notre public est plus jeune et constitué d’étudiants, d’artistes.

Vous avez programmé Christophe Honoré, Arnaud Desplechin et d’autres : le cinéma français est très présent à BAM – vos origines françaises ont-elles quelque chose à y voir ?

La France a une grosse production, et de bonne qualité, ce qui n’est pas le cas de tous les pays. Mais les films français à gros budget que l’on me propose souvent ne m’intéressent pas forcément. Je ne sais pas si je programme plus de films français qu’ailleurs : c’est un cinéma que je connais bien, de fait, et avec lequel je reste en contact. Le cinéma français fait partie de moi, montrer des films plus anciens, de Clouzot, Becker ou Grémillon me paraît absolument évident.

Début juillet, vous avez organisé BAMcinemaFest, on a parlé d’un « Sundance à Brooklyn », de quoi s’agit-il ?

C’est une manifestation qui célébrait nos dix ans. Il y a eu des « premières » : des films vus aux festivals de Sundance, Berlin, SXSW, dont plusieurs films qui viennent de New York. Il y a une scène intéressante à Brooklyn en ce moment. C’était aussi une sélection de nos programmes qui ont eu le plus de succès, comme Dead Man de Jim Jarmusch, ou Metropolis de Fritz Lang, avec un orchestre. Nous avons aussi invité Arnaud Desplechin qui a choisi de présenter deux films : La famille Tenenbaum, de Wes Anderson, et La sirène du Mississipi, de François Truffaut.

Vous invitez également Juliette Binoche en septembre.

C’est sa première rétrospective à New York, à l’occasion de la sortie du film de Cédric Klapisch, Paris, qu’elle présentera en avant-première. Ce sera une vue d’ensemble depuis ses débuts avec André Téchiné en passant par Hou Hsiao-Hsien et Kieslowski, et par ses films en anglais. C’est une des actrices françaises les plus connues, le public l’aime beaucoup, on peut supposer qu’il voudra voir des films en dehors du Patient Anglais.

Infos pratiques

La programmation de BAMcinématek.

À lire sur le même sujet :

Arnaud Desplechin fait son cinéma à New York

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