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FMI : la Chine critique mais écoute Lagarde

“Les jeux sont ouverts. Il y a un bon nombre de candidats”, a déclaré à quelques journalistes Yang Jiechi, après avoir écouté le ministre français de l’Economie Christine Lagarde défendre sa candidature à la tête du FMI.

Au sujet de sa rencontre avec Mme Lagarde, il a ajouté: “Nous avons eu une bonne discussion. Elle m’a expliqué les raisons de sa candidature. J’ai écouté avec une grande attention”.

Christine Lagarde est arrivé mercredi à Pékin, après avoir présenté en Inde sa candidature, dans le cadre d’une campagne marathon auprès des économies émergentes. La Chine est le chef de file de ces pays critiques de la mainmise des Européens sur le poste de directeur général du FMI depuis 1946, selon une règle non écrite.

Mme Lagarde s’est d’abord entretenue et a déjeuné avec le gouverneur de la banque centrale chinoise Zhou Xiaochuan.

Evoquant “l’amitié profonde qui lie la France à la Chine”, Mme Lagarde a déclaré: “Il était très important pour moi de venir présenter aux autorités chinoises le principe de ma candidature à la direction générale du Fonds monétaire international”.

Le ministre français, qui a notamment le soutien de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et de l’Italie, est considérée comme la grande favorite à la succession de son compatriote Dominique Strauss-Kahn, démissionnaire après avoir été accusé d’agression sexuelle à New York.

Mme Lagarde devrait aussi pouvoir compter sur l’appui du président américain Barack Obama, a affirmé son homologue français Nicolas Sarkozy. Washington attendra toutefois vraisemblablement la clôture des candidatures, vendredi, avant de faire connaître sa position officiellement.

Fin mai, les cinq grands pays émergents membres du groupe des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), ont protesté contre la volonté de l’Europe de conserver le poste de directeur général du FMI, sans toutefois parvenir à se mettre d’accord sur une candidature commune.

Les Chinois “connaissent très bien” Mme Lagarde, qu’ils apprécient pour ses “qualités éminentes” dans le cadre bilatéral et plus récemment dans celui du G20, présidé cette année par la France, assure-t-on dans son entourage.

Il y a deux semaines, le porte-parole du gouvernement français François Baroin avait assuré que “les Chinois sont favorables à la candidature de Christine Lagarde”, mais les dirigeants du plus grand pays émergent de la planète n’ont fait aucune déclaration allant dans ce sens. Au contraire.

Le ministère chinois des Affaires étrangères avait souligné que le choix du nouveau directeur général devait se faire “de manière ouverte, transparente et sur la base du mérite, (afin de) mieux représenter les marchés émergents et mieux refléter les changements dans la structure économique mondiale”.

Mardi à New Delhi, où elle été reçue par le Premier ministre Manmohan Singh, Mme Lagarde a déclaré avoir obtenu l’assurance que les candidatures seraient examinées “sur la base des mérites du candidat. “Le fait que je suis française et européenne ne constitue pas un avantage ou un handicap”, a-t-elle assuré.

La Française a deux rivaux déclarés, le directeur de la Banque centrale du Mexique, Agustin Carstens, et celui de la Banque centrale kazakhe, Grigori Martchenko.

Christine Lagarde doit donner une conférence de presse jeudi avant de quitter la Chine. Elle se rendra vendredi au Portugal, puis Arabie Saoudite et en Egypte.

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