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Football : Bakary Soumare vise le titre avec Chicago

Bakary Soumare, joueur de football d’origine malienne évoluant sous les couleurs des Chicago Fire (MLS), va recevoir, de la part de la communauté francophone de Chicago, un oscar d’honneur le 12 juillet prochain à l’occasion du Bastille Day. Une belle récompense pour sa fulgurante ascension dans le championnat américain et ses récentes sélections dans l’équipe nationale du Mali. Entretien avec l’un des joueurs de Major League Soccer (MLS) les plus courtisés du moment.

France-Amérique: Parlez-nous de votre parcours.

Bakary Soumare : À seize ans, j’ai quitté la France et la ville de Saint-Denis pour venir vivre à New York. J’ai entamé une scolarité dans le lycée catholique de La Salle Academy, établissement dans lequel je suis resté quatre ans avant de recevoir mon diplôme. Ensuite, j’ai eu une bourse sportive pour l’Université de Virginie, où je suis resté trois semestres. Puis j’ai finalement été drafté par les Chicago Fire en MLS. Ma famille accorde beaucoup d’importance aux études, alors mon premier objectif était scolaire. Le foot est plutôt venu après. Bon, bien sûr, à un moment j’ai dû faire un choix et j’ai opté pour la voie sportive.

F-A: Comment vous sentez-vous au sein des Chicago Fire depuis votre arrivée en 2007 ?

B.S.: Cela se passe plutôt bien. J’ai eu la chance d’avoir fait de bonnes saisons depuis que je suis arrivé ici. Comme dans tous les sports, l’année Rookie n’est pas vraiment facile. Il faut savoir s’adapter au niveau professionnel lorsqu’on vient juste de sortir du niveau universitaire. Cette période de transition m’a beaucoup apporté.

F-A: Vous allez recevoir un oscar d’honneur le 12 juillet prochain à l’occasion du Chicago Bastille Day. Que représente cette distinction ?

B.S.: Cela fait bien évidemment très plaisir. Étant issu d’un pays francophone et ayant vécu la plupart de ma vie en France, être reconnu par la communauté francophone a une saveur particulière. Surtout ici, aux États-Unis.

F-A: Vous êtes malien, avez grandi en France. Aujourd’hui vous réussissez aux États-Unis. C’est un parcours atypique. Avec quel pays avez-vous établi le lien le plus fort ?

B.S.: Un peu des trois. Bien sûr je suis né au Mali, mais je n’ai pas vécu longtemps là-bas. J’ai quitté le pays quand j’avais deux ans, et je n’ai donc pas eu la chance d’y vivre. Mais aujourd’hui, s’il y a un pays où je me verrais bien vivre c’est bien évidemment la France. C’est là-bas que j’ai grandi, là-bas que mes parents ont fait leur vie, et là-bas que sont nés mes petits frères. Donc je suis autant français que malien. Bon, c’est aux États-Unis que j’ai suivi une éducation et que j’ai réussi dans le football. Je dois aussi beaucoup à ce pays. Et puis j’ai des amis ici. Donc je pense que j’appartiens simultanément aux trois pays.

F-A: Avez-vous des attaches avec la communauté francophone de Chicago.

B.S.: Un petit peu. Pas autant que je voudrais. J’aurais bien aimé avoir un peu plus d’attaches, puisqu’apparemment il y a beaucoup de Français ici. Malheureusement c’est difficile en raison de mon emploi du temps un peu chargé, des entraînements et des déplacements avec l’équipe nationale du Mali. Mais j’ai quelques amis français.

F-A: Vous êtes depuis le week-end dernier premier de la conférence EST à la mi-saison avec le club des Chicago Fire. Quels sont les objectifs actuels du club ?

B.S.: Il faut absolument être champion. Le club existe depuis 1998. Dès la première année, il a réalisé le doublé Coupe-Championnat. Cela fait maintenant dix ans que nous courons après le titre. Tout le monde le sait, cette année nous avons la meilleure équipe de MLS. Donc ça serait vraiment un échec si nous n’arrivions pas à gagner cette saison. Surtout que des joueurs vont quitter le club en fin de saison.

F-A: Vous jouez depuis le début de l’année en équipe nationale du Mali. Est-ce que vous avez hésité à jouer pour les États-Unis ?

B.S.: Oui, j’ai hésité. Les États-Unis m’ont pendant longtemps beaucoup sollicité, alors j’ai mis beaucoup de temps à prendre une décision. Mais j’ai finalement fait un choix, et j’ai annoncé en janvier dernier mon souhait définitif de jouer pour l’équipe nationale du Mali. Aujourd’hui, je ne regrette pas du tout. Je prends beaucoup de plaisir à côtoyer des joueurs qui évoluent dans les plus grands clubs européens, comme Frédéric Kanouté (FC Séville) ou Seydou Keita (FC Barcelone). Et puis cela me permet de rentrer un peu à la maison et de retrouver mon pays d’origine.

F-A: Avec les bons résultats actuels de l’équipe nationale américaine, regrettez-vous votre décision ?

B.S.: Non, pas du tout. Il y a deux semaines, ils ont fait un bon parcours dans la dernière Coupe des Confédérations (ndlr, victoire contre l’Espagne, championne d’Europe, en demi-finale et défaite in-extremis face au Brésil en finale) c’est vrai, mais ce n’est pas non plus la meilleure équipe du monde.

F-A: Est-ce que vous envisagez, si l’occasion se présente, de jouer en Europe ?

B.S.: La question arrive au bon moment. Cela fait maintenant deux semaines que j’ai beaucoup de sollicitations, surtout de la part de clubs français. Mon agent est d’ailleurs en pleine négociation entre les Chicago Fire et un club français en particulier. J’aimerais bien que ça aboutisse, cela me ferait du bien de rentrer en France. Je ne peux pas divulguer de nom mais je peux vous dire que c’est un club du nord de la France faisant partie de l’élite (1e division).

F-A: Paris, Lille, Lens ?

B.S.: Je suis désolé, j’ai promis de ne rien dire. Vous verrez bien.

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