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Français bloqués : 20 places offertes pour La Dame aux camélias

Une troupe francophone joue pour la première fois La Dame aux camélias, d’Alexandre Dumas fils, à New York. Par solidarité avec les voyageurs coincés, l’Arclight Theater offre 20 places de théâtre gratuites pour les représentations de samedi et dimanche prochains.

L’amour, c’est comme la tuberculose. La Dame aux camélias, interprétée par Marguerite Gauthier (Nastasia Many), a beau cacher son visage sous une voilette au début de la pièce, sa beauté de courtisane est contagieuse. Objet de convoitise, cette femme à « la virginité du vice »  provoque des ravages dans les cœurs et les bourses du Tout-Paris.

Certains sujets sont aussi porteurs du virus à leur corps défendant. C’est le cas d’Armand Duval, interprété par l’excellent Max Van Bel, au physique de jeune premier. De père belge et de mère américaine, le jeune homme brille sur scène dans la peau de ce provincial romantique sans le rond, fou amoureux et bien embêté de sa démarche. « Ces personnages s’empêtrent dans la toile d’araignée des conventions sociales où l’argent fait levier », résume Gérard Cherqui, le metteur en scène.

Sur le plateau, les amants déboulent de tous les côtés, pensant pouvoir acheter l’exclusivité de la demi-mondaine au bras de qui ils s’affichent crânement à l’Opéra Comique. Robert Adrian, le seul Américain de la pièce, est émouvant dans le rôle du père tentant de ramener son fils dans le droit chemin. Ce canevas, c’est l’histoire à peine romancée de la liaison entre Alexandre Dumas fils et Mademoiselle Marie Duplessis, rappelle Gérard Cherqui, fasciné par la puissance de la trame.

« Marguerite Gauthier est la Manon Lescaut du XIXème siècle », clame-t-il. À 49 ans, ce gamin des Buttes-Chaumont, ancien directeur de programmation de l’Auditorium du Louvres est venu spécialement à New York pour cette mission. Son objectif : garder l’intrigue originale et moderniser la mise en scène pour obtenir « un classicisme hors du temps ». Les 5 actes deviennent 20 tableaux. L’écriture se scénarise. « Aujourd’hui, Alexandre Dumas fils serait réalisateur », plaisante-t-il. Et l’intrigue se resserre autour de la psychologie amoureuse pour exalter la puissance du roman, digne d’un conte moderne.

Avec ses voûtes, ses fresques chrétiennes et l’atmosphère d’étrangeté qui imprègne les lieux de culte, le décor naturel de l’Arclight Theater, un petit joyau peu connu des New-Yorkais, situé dans les sous-bassements de l’église du Saint-Sacrement sur la 71ème rue et Broadway semblait conçu pour accueillir la pièce de théâtre. « On tombe tout de suite amoureux de ce théâtre », admet le metteur en scène, sous le charme magique du lieu. La troupe francophone y sévit en ce moment même, jusqu’au 25 avril. « Jusque-là, ce sera mon lieu de résidence principale », se réjouit Gérard Cherqui.

A propos de la production…

La productrice du spectacle, Nora Armani de Pemart Productions, a produit des longs métrages présentés dans les sélections officielles aux festivals de Cannes, de Rotterdam et à la FIAF (Ciné Lumière) de Londres, ainsi que des pièces jouées au Public Theater et au Metropolitan Museum of Art à New York.

Note : Par solidarité avec les voyageurs victimes des perturbations du trafic aérien coincées à New York, l’Arclight Theater offre 20 places de théâtre gratuites pour les représentations de samedi et dimanche prochains. Les personnes intéressées peuvent contacter Nadia Morani à cette adresse : admin@pemart.org.

Informations pratiques :

Arclight Theater,

152 West 71st Street.

Représentations du mercredi au samedi à 20 heures et le dimanche à 18 h 30.

Tickets : www.smarttix.com

Tél : (212) 868-4444

Site : http://pemart.org/la_dame_aux_camelias

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