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Français dans la crise : fermeture à New York d’un restaurant étoilé

Pendant tout le mois d’avril, France-Amérique va se pencher sur les conséquences de la crise américaine sur la communauté française et francophone. Premier volet de cette série : la disparition de Fleur de Sel. Le restaurant new-yorkais de Cyril Renaud, une étoile au Michelin, a dû fermer en février dernier ses cuisines. Elles s’étaient ouvertes il y a 9 ans.

« La fermeture de Fleur de Sel est liée directement à la crise économique et à rien d’autre ! » Cyril Renaud est catégorique. Pour ce restaurateur français de 39 ans, la crise a été fatale à son établissement. Situé dans le Flariton District, à New York, Fleur de Sel a servi son dernier couvert le 21 février dernier après 9 ans d’existence. Malgré une cuisine fine, récompensée par une étoile au guide Michelin en 2005, le restaurant ne parvenait plus à remplir ses tables.

« On a passé six mois très difficiles. Les gens ne venaient plus manger au restaurant. Au lieu de continuer d’injecter de l’argent, j’ai préféré fermer car on ne sait pas combien de temps cette situation économique va durer », explique-t-il avec une pointe de nostalgie.

Une fermeture « inévitable » pour celui qui a tout tenté pour sauver son entreprise. « Tout d’abord, j’ai commencé par couper mon salaire pendant huit mois. J’ai également cherché un prêt auprès des banques qui ont refusé, faute d’argent », se souvient le Français. La seule mesure dont le propriétaire n’a pas usé, c’est le licenciement. « Dans la trentaine d’employés travaillant à Fleur de Sel, certains étaient là depuis l’ouverture du restaurant. On ne vire pas les gens comme ça. Aucun d’entre eux n’est parti avant le dernier mois », soutient le chef cuisinier. « C’était peut-être une mauvaise décision mais c’était la mienne ! », ajoute-t-il assuré.

Pourtant le restaurateur n’a pas complètement jeté l’éponge. À quelques pâtés de maisons de-là. Cyril Renaud a ouvert Bar Breton, une crêperie, en décembre dernier. « Ce projet a commencé bien avant la crise. Il y avait déjà beaucoup trop d’argent investi pour y renoncer », estime-t-il. Certains employés de l’ancienne équipe y travaillent d’ailleurs.

En fixant des prix plus abordables qu’à Fleur de Sel, Cyril Renaud s’adapte au contexte actuel en espérant bien faire recette rapidement. « J’espère surtout tourner la page douloureuse avec ce nouveau projet. Mais je suis conscient que ce ne sera pas facile du tout ! », dit-il prudemment avant de filer en cuisine.

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