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France-Afrique: l’avocat Robert Bourgi entendu par la police

L’avocat franco-libanais Robert Bourgi, qui a notamment accusé l’ancien président français Jacques Chirac d’avoir reçu des fonds occultes de chefs d’Etat africains, était entendu jeudi par la police, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.

Robert Bourgi était entendu par les enquêteurs de la brigade financière de la police judiciaire de Paris, a-t-on ajouté sans plus de détail. Le parquet de Paris a ouvert le 13 septembre une enquête préliminaire pour entendre ce conseiller officieux de présidents français, après ses propos parus dans la presse accusant Jacques Chirac et son ancien Premier ministre Dominique de Villepin d’avoir reçu près de 20 millions de dollars de chefs d’Etat africains entre 1997 et 2005.

Robert Bourgi a ensuite accusé l’ex-dirigeant d’extrême droite Jean-Marie Le Pen d’avoir reçu des fonds occultes de l’ancien président gabonais Omar Bongo pour financer sa campagne présidentielle de 1988. Les responsables mis en cause ont tous démenti. Ces accusations sont au coeur de la “Françafrique”, ces réseaux opaques d’influence mis en place dans les années 60 et hérités de l’époque coloniale.

M. Bourgi affirme que le système de financement politique occulte par des chefs d’Etat africains a existé sous les présidences de Georges Pompidou, Valery Giscard d’Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac, soit sous les mandats de 4 des 6 présidents depuis 1958. L’avocat a affirmé que cinq chefs d’Etat africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Omar Bongo (Gabon)- ont versé des fonds en espèces pour la campagne de Jacques Chirac en 2002.

Robert Bourgi, qui a reconnu lui-même n’avoir “aucune preuve” de ses accusations, s’était dit prêt à venir témoigner devant un juge. A la suite de ses déclarations, MM. Chirac et de Villepin ainsi que le président sénégalais Abdoulaye Wade ont dit leur intention de porter plainte. Mais aucune de ces trois procédures n’a pour l’heure été confirmée.

L’opposition au président Compaoré a demandé mardi l’ouverture d’une enquête de la justice burkinabè. Ouagadougou a rejeté des accusations “grotesques”.

 

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