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France : le manque de compétitivité est le “défi majeur” selon le FMI

Le manque de compétitivité est le “défi majeur” de l’économie française et des “réformes d’envergure” doivent être menées pour relancer l’emploi et la croissance, tout en réduisant la dépense publique, estime lundi le FMI au terme de sa mission de surveillance menée en France.

L’ex-président d’EADS Louis Gallois a remis lundi un rapport très attendu sur la relance de la compétitivité au gouvernement, qui annoncera dès mardi ses premiers arbitrages pour un “pacte de compétitivité” alliant allègement du coût du travail et initiatives pour l’innovation. Selon l’article IV de ses statuts, le Fonds monétaire international (FMI) a pour mission de suivre les politiques économiques et financières de ses 187 pays membres. En France, cette mission annuelle s’est terminée au début de la semaine dernière.

“Les perspectives de croissance de la France demeurent fragiles en raison des faibles conditions économiques en Europe, mais la capacité de la France à rebondir est aussi contrainte par un problème de compétitivité”, écrit le FMI dans son rapport. Ce manque de compétitivité “émerge comme le défi majeur à la stabilité macro-économique, la croissance et la création d’emplois”, et il se traduit “non seulement par une détérioration des performances de la France à l’export, mais aussi par les faibles taux de rentabilité des entreprises, ce qui limite leur capacité à investir, à innover et à créer des emplois”, selon le Fonds.

Le FMI juge ainsi que la réflexion sur le sujet lancée “à juste titre” par le gouvernement français constitue “une opportunité unique pour entreprendre des réformes d’envergure”. L’action politique doit porter sur “trois fronts”: le premier consiste à “soutenir l’effort de consolidation budgétaire sur le moyen terme, afin de réduire la dette publique tout en prenant garde à la qualité de l’ajustement afin d’accroître les incitations à travailler et à investir”, note le Fonds.

Réduire plus la dépense publique devrait permettre “une baisse graduelle de la fiscalité à des niveaux proches de ceux des partenaires européens”, mais aussi de “se prémunir contre les risques d’une croissance plus faible qui mettrait en danger les objectifs budgétaires”. Si toutefois il s’avérait que la faiblesse de l’activité économique dans la zone euro “persistait”, le FMI estime cependant que la France, ses partenaires européens et les institutions européennes “devraient conjointement revoir la rapidité de l’ajustement budgétaire au niveau de la zone euro”.

Autre front d’action en France, la correction des “dysfonctionnements du marché du travail qui entravent l’investissement, l’emploi et, en fin de compte, la croissance” et “accroître la concurrence dans le secteur des services”. Le dialogue en cours sur le marché du travail entre patronat et syndicats représente une chance “unique”, “à ne pas rater”, selon le FMI. Enfin, le FMI juge qu’il faut “consolider les progrès importants qui ont déjà été réalisés en termes de stabilité financière, tout en assurant que l’épargne soit intermédiée de façon efficace alors même que les banques et les assurances s’adaptent aux nouvelles normes prudentielles”.

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