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Francis Huster à New York pour la 700ème de “La Peste”

Après Boston et Washington, le comédien Francis Huster donne ce jeudi la 700ème représentation de “La Peste” d’Albert Camus au FIAF (French Institute Alliance Française) de New York. Le texte qu’il a adapté lui-même en 1989 décrit un village ravagé par une épidémie, une métaphore de la montée du nazisme. Entretien.

Après des dates à Boston et Washington, vous venez  présenter  La Peste à New York. Cela faisait presque 10 ans que vous ne l’aviez pas joué. Qu’est-ce qui aujourd’hui encore vous touche dans ce texte ?

La Peste est un devoir, une mission que m’a confiée Jean-Louis Barrault. Il m’a demandé de faire un double spectacle, mêlant la Traversée de Paris de Marcel Aymé écrit en 1942, et La Peste de Camus rédigé en 1947. J’ai commencé par monter La Peste au théâtre de la Porte Saint Martin en 1989. Ce fut un immense triomphe. Il m’a fallu vingt ans pour  monter La Traversée de Paris, que je joue depuis deux ans en tournée, avec le même succès.

Êtes-vous sensible à l’aspect politique de La Peste ?

Tout à fait. Je suis juif et toute une partie de ma famille a été assassinée pendant la Seconde Guerre mondiale, je suis très sensible à Camus et Marcel Aymé qu’on surnomme d’ailleurs les “Justes” de la littérature française. La deuxième raison, au delà de la profondeur du sens, c’est la pureté incroyable du texte.

Vous avez joué La Peste presque 700 fois à travers le monde. Comment garde-t-on l’envie et la rigueur après tant de représentations ?

C’est comme faire l’amour à une femme, c’est une question de désir. Je peux dire que je n’arrête pas de bander pour ce texte ! Au-delà des phrases politiques, presque intellectuellement posées, il y a des phrases d’une fragilité humaine incroyable. On est transporté par une émotion qui m’évoque la pureté de Charles Trenet ou d’Édith Piaf. Les chansons d’Édith ou l’oratorio qu’est la Peste nécessitent qu’on y mette toute son âme.

Vous êtes  un acteur de troupe. Pourtant dans la Peste, et La Traversée de Paris, vous êtes seul sur scène. Qu’est-ce qui vous plaît dans cet exercice ?

Faire partie d’un troupe, c’est un travail d’équipe, de soldat. Tu es au service de l’armée des mots. Quand tu es seul en scène, c’est contre toi-même que tu te bats. C’est un exercice obligatoire de ma vie d’acteur, et tous les trois ans, je fais un monologue: Hamlet de Jules Laforgue, Gustave Malher, la symphonie de Vienne, La Peste. Pour moi le one -man show est un exercice de pureté totale. Rien ne peut  plus cacher ta mauvaise foi .

(Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Francis Huster dans le numéro de Mars de France-Amérique)

Plus d’informations :

Jeudi 3 mars à 20h

Florence Gould Hall

55 East 59th Street

New York, NY 10022

Adhérents du FIAF $40

Non–adhérents $50

French Institute Alliance Française, www.fiaf.org

Une masterclass (Louis Jouvet, Molière, la passion du patron) sera également donnée par Francis Huster au Lycée Français de New York ,vendredi 4 mars 2011, à 14h00 . Entrée libre dans la limite des places disponibles.

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