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Franck Scemama : “je peux poursuivre l’action de Corinne Narassiguin”

En déplacement à New York, le candidat du PS à la législative partielle Franck Scemama est revenu sur son investiture, ses idées, et la difficile campagne qui s’annonce.

France-Amérique : Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter ?

Franck Scemama : Des personnes m’ont sollicité sitôt l’annulation de l’élection. Pour nous, l’équipe de campagne de Corinne Narassiguin, c’était une nouvelle très difficile à vivre. Il a fallu tout de suite envisager la page suivante de l’histoire. Corinne m’a envoyé un message le jour même pour me dire qu’il fallait peut-être que j’envisage de présenter ma candidature. J’ai eu deux soirs pour y penser. Je suis convaincu que je peux poursuivre l’action de Corinne Narassiguin pour les Français d’Amérique du Nord.

Comment s’est fait le choix de votre suppléante Annie Michel ?

Je la connaissais déjà pour avoir travaillé avec elle à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Annie travaille par exemple beaucoup sur le dossier des retraites, un sujet dont je me suis occupé localement pour les Français qui vivent au Québec. Nous avions donc déjà une complémentarité dans notre action militante, et de mandat.

Contrairement à certains de vos adversaires, vous n’êtes pas un politicien de carrière. Voyez-vous cela comme un avantage ou un désavantage ?

Un avantage bien sûr. L’actualité récente prouve qu’il faut un personnel politique différent à l’Assemblée nationale. Corinne Narassiguin a su démontrer que c’était une offre valable. La vie politique française nécessite un rafraîchissement. Cela ne m’empêche pas de connaître des députés, dont certains sont des anciens collègues à l’AFE. La ministre des Français de l’étranger (Hélène Conway-Mouret, ndlr) fait aussi partie des personnes avec qui j’ai travaillé sur les questions d’emploi et de formation. Donc je ne me sentirai pas tout seul si demain je suis élu député.

Comme de nombreux autres candidats, vous souhaitez réformer la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Comment la rendre accessible à un plus grand nombre ?

La gauche est celle qui a mis en place une troisième catégorie d’assurés, qui permet à certaines personnes de ne pas payer plein pot le coût de l’assurance. Cette catégorie était financée en partie par les recettes de la CFE mais aussi par l’Etat français, à hauteur de 2 millions d’euros. Or, sous le dernier gouvernement, cette enveloppe a été réduite à seulement 500 000 euros. Il y a donc un manque réel d’argent pour aider les personnes pour qui l’accès à la CFE est totalement inabordable. Il faut donc sanctuariser cette aide destinée aux Français de l’étranger. L’Etat encadre le fonctionnement de la CFE et a donc son mot à dire. Ce n’est pas un organisme privé. Ces administrateurs sont pour beaucoup des élus à l’AFE. Je pense donc qu’on peut changer les choses rapidement.

En tant que député, comment pourrez-vous vous assurer que le budget des bourses ne va pas baisser ?

Le budget des bourses n’a cessé d’augmenter pour l’instant. On est passé de 95 millions d’euros à 110 millions d’euros et il va continuer à croître les prochaines années. Il est important que les contraintes budgétaires ne contrarient pas les efforts menés. Je m’engage à être présent à l’Assemblée nationale pour défendre ce budget. Tant que je serai député, le budget ne se fera pas sans que j’ai pu protester fermement. Je me débrouillerai pour être entendu.

Comment convaincre les parents déçus des mesures sur la scolarité mises en place par le gouvernement de voter pour vous ?

Des personnes ont pu être déçues, mais je n’ai pas rencontré de parents qui m’ont dit que les mesures du gouvernement étaient injustes. La justice sociale est comprise par tous. La PEC (prise en charge de la scolarité) créait un appel d’air avec l’augmentation des coûts des études dans les Lycées Français. Cela aurait pu mettre en péril le montant des bourses. Que ce soit au niveau des parents d’élèves, des responsables d’établissements, des consulats, tout le monde est unanime pour dire que la PEC était une mauvaise chose.

Est-ce que la candidature pour Les Verts de Cyrille Giraud, l’ancien suppléant de Corinne Narassiguin, vous dérange ?

Je ne suis pas inquiet, même si cela aura un effet négatif sur le nombre de voix que j’aurai au premier tour. Pour Europe Ecologie-Les Verts, je pense qu’il était important qu’ils aient leur propre projet politique. Le bilan que l’on peut faire de la campagne l’année dernière, c’est que la nouvelle députée était PS et qu’un suppléant ne reste qu’un suppléant. On ne peut pas dire qu’Europe Ecologie-Les Verts a autant gagné l’élection de juin dernier que le PS. Pour la richesse du débat démocratique, il est important que Les Verts défendent des sujets qui ne sont pas traîtés par les deux grands partis. Ça peut aussi convaincre des électeurs de s’intéresser à cette élection. Et après, si je suis le candidat opposé à la droite au second tour, à moi d’entendre les gens qui se sont intéressés à l’élection par le biais d’EELV.

Pensez-vous que l’affaire Cahuzac et l’impopularité de François Hollande vont porter préjudice à votre candidature ?

Certainement. Ceux qui votent simplement pour un parti politique peuvent se dire aujourd’hui que la couleur du Parti socialiste a un peu pâli et ils ont des raisons objectives de le penser. Maintenant, on n’est pas là pour voter une majorité parlementaire. Ce n’est pas mon élection qui va modifier la couleur de l’Assemblée. Des gens de droite ont choisi de voter l’année dernière pour Corinne Narassiguin. Cela découlait de la légitimité de Corinne Narassiguin face à des opposants qui n’avaient pas cet enracinement en Amérique du Nord. Ma légitimité est la même, un parcours d’expatrié, un travail à l’AFE et une connaissance des dossiers qui touchent les Français de l’étranger.

www.franckscemama.com

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