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Franck Scemama : “Un candidat de droite va voter pour moi au second tour”

A quelques jours du second tour de la législative, Franck Scemama ne se voit ni en favori, ni en outsider, et mise sur son expérience d’expatrié pour se démarquer de Frédéric Lefebvre et convaincre les électeurs de voter pour lui.

France-Amérique : Comment analysez-vous les résultats du premier tour où vous êtes arrivé deuxième ?

Franck Scemama : C’est une excellente nouvelle puisque je suis au second tour. Ce n’était pas garanti à l’avance. Sans le soutien d’Europe Ecologie-Les Verts, je m’attendais évidemment à faire moins de voix que Corinne Narassiguin l’année dernière. Mais quand on additionne les voix d’EELV, nous sommes nettement en tête.

Corinne Narassiguin partait favorite au second tour, alors que pour cette élection l’avantage semble plutôt être pour Frédéric Lefebvre.

C’est une nouvelle élection au scénario pas encore écrit. Par contre, on se retrouve dans un contexte similaire de celui qu’avait connu Corinne Narassiguin. On a une candidature d’un élu d’Ile-de-France qui n’a jamais vécu dans la circonscription depuis l’âge de deux ans et face à lui quelqu’un qui a partagé l’expérience d’expatrié des électeurs. Je ne pense pas que l’on soit dans une confrontation idéologique mais bien pragmatique et pratique. Qu’est-ce que pourra faire le député pour les Français demain ? Pour pouvoir y répondre, il faut déjà avoir partagé leur destin.

Pensez-vous pouvoir récupérer des voix des électeurs de Damien Regnard et de Louis Giscard d’Estaing ?

L’enseignement que l’on peut tirer des élections pour les Français de l’étranger, c’est que le bipartisanisme s’efface. Quand j’étais élu à l’AFE, je trouvais souvent des terrains d’entente avec des élus de droite sur des problématiques qui touchaient les Français de l’étranger. On avait une culture commune qui nous permettait de voir le monde de la même manière. On peut être en désaccord sur la politique de la France, mais mon expérience de Français à l’étranger me rapproche de ces électeurs.

Malgré tout, les candidats de droite ont appelé à voter pour Frédéric Lefebvre…

Je ne me permettrais pas de me prononcer là-dessus mais personne n’est réellement surpris. Il y a quand même un fonctionnement d’appareil politique traditionnel. J’ai eu d’autres échos, qui ne sont pas officiels, qui ne vont pas dans le même sens. Je vous dirai même, sans nommer personne, qu’il y a un candidat de droite qui va voter pour moi au second tour. J’en suis sûr.

Vous avez obtenu beaucoup moins de voix au Canada que Corinne Narassiguin en juin dernier. Comment l’expliquez-vous ?

Il y a eu beaucoup moins de voix un peu partout. Nous sommes dans une élection partielle donc vous n’avez pas l’enjeu de pouvoir porter une majorité à l’Assemblée nationale. Il y a des personnes qui se déplacent pour ces enjeux-là exclusivement. Quand cette problématique n’est plus présente, il décide de ne pas voter. C’est ce qui explique le faible nombre de voix.

Quelle serait votre première revendication auprès du gouvernement si vous étiez élu ?

Ma première demande serait d’être entendu sur la singularité que nous représentons en tant que Français de l’étranger. Il faut qu’on explique en quoi l’approche politique est singulière. Les Français qui s’expatrient ne le font pas pour des raisons fiscales. C’est le message qu’il faudra faire passer. Ça permettra de faire avancer certains sujets qui sont importants comme la scolarité des enfants aux Etats-Unis et au Canada. Nous avons des difficultés actuellement à pouvoir offrir des places à l’école pour tous les parents. Or la France a un excellent réseau de Lycées Français mais n’a pas les moyens de scolariser tous les enfants d’expatriés. Les filières bilingues se développent. En portant ce témoignage à l’Assemblée, je pense que l’on pourra réorienter la politique éducative de la France pour que les filières bilingues, par exemple, soient plus prises en compte.

En tant que député, pensez-vous avoir un rôle à jouer dans les accords de libre-échange UE-Canada et UE-Etats-Unis ?

Un député n’a pas à intervenir directement sur des fonctions qui sont d’ordre exécutif. Je suis régulièrement contacté par des personnes qui essaient de faire entendre leur voix, qui ont l’impression que lorsque les Etats négocient, la réalité du terrain n’est pas prise en compte. On ne pas s’imposer dans ces discussions car ce n’est pas dans notre mandat de député mais on peut être entendu et témoigner.

Devant la faible participation aux scrutins, la gauche réfléchirait à l’idée de supprimer les onze postes de députés des Français de l’étranger. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas un scoop. C’était déjà dans les préconisations du rapport Jospin de novembre dernier. A cette époque, Corinne Narassiguin était intervenue et avait expliqué que la vision que pouvait avoir la France de l’exercice de son mandat était très loin de la vérité. En quatre ans, j’aurais le temps de convaincre l’ensemble des élus de la nation de l’utilité de ce poste.

 

Droit de réponse de Damien Regnard datant du 3 juin 2013.

Dans une interview de F. Scemama, candidat socialiste à l’élection législative partielle dans la première circonscription des Français de l’étranger, publiée ce jour par France-Amérique, sous le titre “Un candidat de droite va voter pour moi au second tour”, il est écrit “Je vous dirai même sans nommer personne, qu’il y a un candidat de droite qui va voter pour moi au second tour. J’en suis sûr.”  Seul et unique candidat de droite au premier tour de cette élection, inscrit sur la liste électorale et donc à même de voter dans la circonscription, je suis donc “la personne désignée” dans cet interview.

Depuis près de trente ans, je suis engagé en politique pour une France fière et forte, en dénonçant l’idéologie socialo-communiste, qui affaiblit et appauvrit notre pays et le plonge dans de profondes crises financières, économiques, sociales et morales.  Je milite pour des valeurs de liberté, de responsabilisation individuelle, de flexibilité du travail, du droit d’entreprendre et de réussir.  Lors de ma campagne, fort d’une connaissance approfondie des réalités vécues par les Français d’Amérique du Nord, j’ai dénoncé les nombreuses injustices de la politique socialiste à l’encontre des Français qui vivent à l’étranger et le matraquage démagogique “anti-expat” mené par le Président Hollande et le gouvernement Ayrault.

Mon appel au rassemblement des électeurs de la droite et du centre, en date du mercredi 29 mai 2013, pour soutenir le candidat UMP Frédéric Lefebvre au second tour, reflète mon attachement à la défense des libertés et aux valeurs de la droite républicaine ainsi que mon rejet total de l’idéologie socialiste dangereuse pour notre pays et qui stigmatise les Français de l’étranger.

Je suis consterné par la méthode utilisée et les déclarations sans aucun fondement d’un homme qui se dit “socialiste et intègre” et qui fait preuve ici d’une manipulation que je dénonce avec la plus grande fermeté.  Je certifie par la présente, si besoin était, qu’en aucun cas mon vote n’ira soutenir le candidat socialiste et de l’extrême gauche à l’occasion du scrutin du 8 juin 2013.

Damien Regnard 
Conseiller élu à l’Assemblée des Français de l’Etranger

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