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François Fillon renonce à la taxe carbone

François Fillon a annoncé mardi, lors d’une réunion de députés UMP, que la taxe carbone ne pourra être mise en place qu’au niveau européen pour ne pas nuire à la “compétitivité” des entreprises françaises, sans cependant prononcer le mot d’abandon, selon plusieurs participants.

Après l’annulation, fin décembre par le Conseil constitutionnel, du texte sur la taxe carbone qui prévoyait une entrée en vigueur le 1er janvier 2010, le gouvernement avait annoncé qu’un nouveau dispositif serait mis au point pour une entrée en vigueur au 1er juillet.

Le patron des députés UMP Jean-François Copé a confirmé qu'”il n’y aura pas” de taxe carbone au 1er juillet 2010 comme prévu, “à moins qu’il y ait un accord européen” d’ici là. Dans un entretien au Figaro Magazine à la veille du premier tour des régionales, le président Nicolas Sarkozy avait déjà laissé présager un changement de calendrier sur la taxe carbone, dont la première mouture a été recalée par le Conseil constitutionnel.

Mais l’entourage du Premier ministre assure que cela ne signifiait pas l’abandon pur et simple de la taxe carbone. “Il faut que toutes les décisions prises en matière de développement durable soient analysées à l’aune de notre compétitivité. Cela vaut pour la taxe carbone”, a insisté M. Fillon. Le chef de gouvernement s’exprimait devant les députés UMP réunis salle Colbert d’abord à huis clos. C’était jour de rentrée mardi à l’Assemblée.

“Nous voulons que les décisions soient prises en commun avec les autres pays européens, sinon nous allons voir s’accroître notre déficit de compétitivité”, a ajouté le chef du gouvernement. Plus globalement, il ne faut “pas arrêter les réformes”, car les Français ne nous le demandent pas”, a ajouté M. Fillon, deux jours après la défaite cuisante de la droite aux élections régionales. Priorité, a-t-il dit, à la croissance, l’emploi, la compétitivité, la lutte contre les déficits.

Le patronat, opposé depuis longtemps à cette réforme, a immédiatement réagi. “Nous sommes soulagés, notamment pour toute l’industrie qui n’aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité”, a déclaré la présidente du Medef, Laurence Parisot, dans un communiqué.

“La taxe carbone avait été mise en place dans la précipitation, comme l’a démontré la censure du Conseil constitutionnel” fin décembre, a estimé le vice-président de la Confédération générale des petites et moyennes Entreprises (CGPME), Benoît Defoug. “C’est une très bonne nouvelle pour les entreprises”, a également réagi Yvon Jacob, président du Groupe des Fédérations industrielles.

La FNSEA, principal syndicat agricole et la FNTR, Fédération nationale des transports routiers ont également salué le report de la taxe carbone. Mais l’annonce de François Fillon a aussi été critiqué, notamment par la secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Chantal Jouanno s’est déclarée “désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l’écolo-scepticisme qui l’emporte. “Je ne suis pas en phase avec cette décision”, a-t-elle ajouté.

Pour le Parti socialiste, François Fillon “a enterré” la taxe carbone “sans explication” et sans autre “proposition”, renonçant à “toute réorientation de la fiscalité en faveur de l’environnement”.Le PS était opposé à la taxe carbone, jugée “injuste et inefficace”,. Mais le parti n’en dénonce pas moins le fait que “progressivement ce sont les engagements du Grenelle, qui, un à un, se dissolvent”.

Les principales ONG françaises de défense de l’environnement se sont dit “scandalisées par le mépris qui caractérise la décision” de retirer la taxe carbone, demandent mardi dans une lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy s’il leur réserve “pour demain l’abandon du Grenelle”.

“Vous avez signé le pacte écologique (Nicolas Hulot, ndlr). Vous vous êtes personnellement engagé à faire de la taxe carbone un des piliers de votre politique environnementale”, rappellent dix organisations, dont Réseau Action Climat France, Greenpeace, WWF, ou encore Les amis de la Terre. “Monsieur le président, l’avenir du climat mérite mieux que tout opportunisme politique”, concluent-elles.

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