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François Fillon se positionne déjà pour 2017

François Fillon se positionne pour la primaire à l’UMP en vue de la présidentielle de 2017, avec la volonté de proposer aux Français, d’ici deux ans, un projet “concentré sur quelques réformes fondamentales”, face à un exécutif selon lui “en échec sur toute la ligne”.

A l’issue d’une période de relative discrétion après la crise pour la présidence de l’UMP – qui apparaît réglée depuis l’accord du 19 décembre – l’ancien Premier ministre sort peu à peu de sa réserve. Dans une interview au Monde daté de mercredi, M. Fillon trace la route qui sera la sienne pour les prochains mois, afin de “préparer les échéances de 2017”, comme il devrait le redire mardi soir, lors de son premier meeting, à la Mutualité à Paris, où 800 personnes environ sont attendues. “Je vais tout faire pour être candidat à la primaire de 2016, en faisant en sorte que ce soit utile à mon pays”, affirme-t-il, ajoutant : “dans un délai de moins de deux ans, je proposerai un projet que je mettrai en débat. Il sera concentré sur quelques réformes fondamentales”.

Ce projet devrait tourner autour de “trois rénovations”, comme il l’avait dit sur TF1 dimanche soir : rénovations du pacte économique et social, du pacte européen et du pacte démocratique. M. Fillon veut ainsi se poser en principal opposant au gouvernement actuel, qu’il juge “en échec sur toute la ligne” pour avoir “multiplié depuis dix mois les erreurs stratégiques en matières économiques” et “durablement isolé la France” en Europe.

Lui-même se déclare prêt à faire “le bilan” de son action à Matignon, pas exempte de “reproches” mais qui a su “éviter à la France une catastrophe”. Pour nourrir un projet qu’il devrait donc être en mesure de présenter d’ici le début 2015, le pré-candidat va sillonner la France afin de “prendre le pouls des Français” et “briser le mur de verre qui empêche les politiques d’entendre la réalité de ce qu’ils vivent”, selon son porte-parole Jérôme Chartier.

“Un troisième homme”

Un premier déplacement est prévu vendredi en Alsace, avec, au programme, une conférence sur le thème de “la République décentralisée”, suivie d’un dialogue informel avec des Français. Face à son rival, le président de l’UMP Jean-François Copé, qui répète qu’avant de s’occuper des échéances de 2017, il faut d’abord se préoccuper de celles de 2014, M. Fillon opte pour une autre stratégie.

“Non”, il ne sera pas candidat à la primaire pour les municipales à Paris, contrairement à ce que son arrivée dans la capitale lors des législatives de 2012 pouvait laisser penser. “Paris a besoin d’une nouvelle équipe municipale pour dix ans, qui se consacre essentiellement à sa tâche”, dit-il, en apportant son soutien à Nathalie Kosciusko-Morizet.

Selon lui, on ne peut plus faire de la politique “comme par le passé” et se servir “des élections locales comme d’un marchepied pour les élections nationales”. Le choix du candidat de droite pour 2017 “n’est pas d’actualité”, a réagi le très copéiste Christian Jacob, patron des députés UMP. “Il faut se désintoxiquer de cette obsession de 2017”, a renchéri Laurent Wauquiez, vice-président de l’UMP et soutien de M. Fillon pour l’élection à la présidence du parti en novembre dernier. Le meeting de François Fillon “n’est pas un événement aujourd’hui”, a tranché l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin sur Public Sénat.

Avant d’être en mesure d’affronter les candidats des camps adverses, M. Fillon devrait trouver sur sa route M. Copé, tout aussi déterminé que lui, et pour sa part candidat déclaré à la primaire de 2016 depuis l’été 2007. A moins qu’un troisième homme ne vienne s’intercaler: “si Nicolas Sarkozy revenait, je serais à ses côtés”, dit M. Copé. “S’il s’engageait dans cette voie et réussissait, je le soutiendrais”, nuance M. Fillon. Et ajoute : “nous sommes tous au même niveau et avons tous nos preuves à faire. Moi le premier”.

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