Subscribe

François Hollande pose des limites à l’accord de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis

Le secteur audiovisuel doit rester en dehors du mandat de négociations pour un traité de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis, a soutenu vendredi à Bruxelles le président français François Hollande.

“Ma position est la suivante : je suis pour qu’il y ait une négociation qui s’ouvre pour lutter contre un certain nombre de barrières douanières ou de freins aux échanges, de façon à favoriser la croissance. Mais il doit y avoir des garanties par rapport à certains domaines”, a affirmé M. Hollande à l’issue d’un sommet des dirigeants européens à Bruxelles.

Paris ne veut pas que “les normes sanitaires” et “l’exception culturelle, notamment les services audiovisuels” fassent partie des négociations avec l’administration américaine. “Je veux que ces domaines soient exclus du champ de la négociation”, a insisté le président français. La Commission européenne a donné mardi son feu vert au commissaire au Commerce Karel De Gucht pour qu’il ouvre des négociations avec Washington en vue d’un accord de libre-échange entre les deux blocs.

Mais la Commission doit encore soumettre son mandat de négociation à l’approbation unanime des Etats membres de l’UE. “J’espère obtenir leur feu vert avant l’été”, a dit M. De Gucht, qui prône des négociations rapides. Un commissaire européen, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, avait confié mercredi qu’il souhaitait que Paris et d’autres capitales forment une “minorité de blocage” pour remettre à plat le mandat de négociation de M. De Gucht. La commissaire chargée de la Culture, Androulla Vassiliou, fait partie des commissaires qui souhaitent que le secteur audiovisuel soit maintenu en dehors du mandat de négociation avec les Américains.

La France a toujours affirmé que le soutien à la création, grâce à des quotas en faveur de la production européenne, était essentiel pour protéger la diversité culturelle. M. De Gucht a promis que l’inclusion du secteur audiovisuel dans les négociations n’empêchera pas les Etats membres de soutenir leur production avec des quotas ou des subventions. Mais il n’a pas réussi à apaiser les craintes.

Inclure dans la négociation le secteur audiovisuel aurait pour conséquence “de permettre aux oeuvres audiovisuelles américaines d’accéder au marché européen dans les mêmes conditions que les oeuvres européennes. Ainsi, elles pourraient bénéficier des mêmes avantages que les oeuvres européennes et françaises, réduisant à néant les politiques mises en place par l’Union européenne et les Etats membres”, a mis en garde récemment la Coalition française pour la diversité culturelle, qui rassemble les organisations professionnelles du secteur. Les industries culturelles représentent 4,5 % du PIB de l’UE et emploient quelque 8 millions de personnes.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related