Subscribe

François-Marie Banier, touche à tout et figure du Tout-Paris

Son carnet d’adresses regorge de noms de stars et d’influentes personnalités: François-Marie Banier, accusé d’abus de faiblesse de Liliane Bettencourt et placé en garde à vue jeudi, est un artiste touche à tout, figure du Tout-Paris.

Né en 1947 d’une mère franco-italienne et d’un père hongrois publicitaire, “FMB” — comme l’ont surnommé les médias — a quitté tôt l’école et le domicile familial, dans le XVIe arrondissement de Paris, pour se faire une place auprès des noms les plus en vue du monde de l’art et du spectacle.

Adolescent frondeur, il a 16 ans seulement lorsqu’il rencontre le peintre Salvador Dali, à qui il présente plusieurs de ses dessins. A 22 ans à peine paraît son premier roman, “Les résidences secondaires”, publié chez Grasset.

François Mauriac est alors sous le charme. Louis Aragon aussi. “C’est l’être le plus fou, le plus généreux, le plus drôle que l’on puisse rencontrer”, écrit le poète dans Les Lettres françaises.

Séduisant, provocateur, Banier joue volontiers de son physique de jeune éphèbe et de son goût pour les bons mots pour s’introduire en plus haut lieu. Plusieurs mécènes le prennent sous leur aile, dont Marie-Laure de Noailles, Pierre Cardin et Pierre Bergé.

A partir des années 1970, le peintre-écrivain se met à la photographie. D’abord en tâtonnant, puis avec boulimie. Accédant au statut de “photographe des stars”, il immortalise tour à tour Samuel Beckett, Isabelle Adjani, Sophie Marceau, Caroline de Monaco, François Mitterrand, Ray Charles et Johnny Depp.

De quoi le ranger définitivement dans la catégorie des artistes “mondains”? François-Marie Banier, qui a exposé à Rome, Tokyo, Rio de Janeiro, Buenos Aires ou bien Los Angeles, préfère se dire “mondial”. Et assure avoir pris ses distances avec l’univers de la jet-set et le gratin germanopratin.

Confortablement installé dans son hôtel particulier du VIème arrondissement de Paris, où il vit avec son compagnon, le photographe cultive pourtant ses relations avec les grandes fortunes, dont Liliane Bettencourt, 87 ans, rencontrée en 1969 lors d’un dîner chez le journaliste Pierre Lazareff.

Selon le photographe et la milliardaire, cette complicité au long cours s’assoit sur une convergence de tempéraments. D’après la fille de la riche héritière, Françoise Bettencourt-Meyers, des intérêts financiers sont également en jeu.

Contrats d’assurance-vie, chèques, tableaux de maîtres… Le photographe des stars, selon elle, se serait fait remettre près d’un milliard d’euros de dons dans les années 1990 et 2000, en profitant de la fragilité psychologique de l’octogénaire. Une thèse fermement démentie par l’intéressé, qui évoque des dons librement consentis.

“Sa générosité est voulue, décidée, calculée”, a affirmé M. Banier, qui avait été placé en garde à vue en septembre 2008 à propos de ces faits, dans un entretien à L’Express daté du 14 juillet. “Tout cela est scandaleux et je sais que le temps me donnera raison”, a-t-il ajouté.

Accusé d’abus de faiblesse, le photographe devait être jugé dans cette affaire début juillet par le tribunal correctionnel de Nanterre. Mais son procès a été renvoyé sine die en raison des rebondissements suscités par la divulgation des écoutes de conversations entre Mme Bettencourt et ses proches.

Selon ces enregistrements, Mme Bettencourt aurait fait l’acquisition avec son mari André Bettencourt, décédé en 2007, de l’île d’Arros, aux Seychelles, sans l’avoir déclaré au fisc. Toujours selon ces écoutes, elle aurait depuis cédé l’île à M. Banier.

L’écrivain-photographe a fait l’objet en 2009 d’un redressement fiscal. Selon son avocat, Me Hervé Témime, cette procédure concernait toutefois des dons “à des amis proches”, sans lien “avec des avoirs à l’étranger”.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related