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Frédéric Boyer : “le festival de TriBeCa est à mi-chemin entre Cannes et Sundance”

Nommé ce lundi directeur artistique du festival du film de TriBeCa, le Français Frédéric Boyer entend bien participer à l’essor de ce festival, créé en 2002 par Robert De Niro afin de relancer par la culture un quartier touché par les attentats du 11 septembre. Il espère par la même occasion promouvoir le cinéma français aux Etats-Unis.

France-Amérique : Comment s’est fait votre nomination ?

Frédéric Boyer : C’est grâce à Geoff Gilmore, qui a été directeur du film de Sundance pendant 19 ans et qui est aujourd’hui président du festival de TriBeCa. Nous nous sommes rencontrés à Toronto et il m’a proposé de rejoindre son équipe. Je lui ai dit que je ne voulais pas être programmateur. Ça tombait bien car il recherchait un directeur artistique. Je me suis alors rendu deux fois à New York pour passer un entretien avec Jane Rosenthal, une des co-fondatrices.

Quel sera votre rôle ?

Ils m’ont recruté pour apporter un point de vue, une cohérence, une image. Ils ont besoin d’une ligne éditoriale dans leur sélection. Le festival présente chaque année 85 films. Il faut qu’il y ait une teneur et une tenue dans tous ces longs-métrages. Le but est aussi de faire découvrir des metteurs en scène. Je dois aussi m’assurer que les films qu’on projette n’ont pas déjà été présentés dans vingt autres festivals avant le nôtre. Il faut qu’ils soient assez frais.

Vous allez, grâce à votre carnet d’adresses, essayer de convaincre le plus de producteurs de faire concourir leurs films à TriBeCa ?

Exactement, c’est la deuxième partie de mon travail. Je vais pouvoir apporter au festival tous mes contacts européens. Un film qui est par exemple refusé à Cannes, on va essayer de l’arracher à Berlin ou à Venise et convaincre le producteur et le réalisateur de le présenter à TriBeCa. Je vais essayer de faire progresser l’image du festival dans le monde du cinéma.

Vous allez donc participer à la programmation ?

Oui, dans le sens où je vais discuter avec le comité de sélection. On va échanger sur les films qu’ils ont choisis. Mais c’est tout à fait possible qu’un film qui ne me plaise pas soit sélectionné. Généralement les longs-métrages seront vus par deux personnes avant moi. Je devrais d’ailleurs recevoir un paquet Fedex avec beaucoup de films très prochainement !

Quelle est la différence entre ce poste et celui que vous occupiez à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes ?

A Cannes, je ne pouvais sélectionner que 20 films. Donc, la plupart du temps, je devais dire non ! Et puis, il n’y aura pas que du cinéma d’auteur à TriBeCa. Car le cinéma c’est aussi du plaisir, ça doit être “entertaining”, tout en faisant réfléchir.

Le TriBeCa film festival est-il l’équivalent américain de Cannes ?

C’est un peu ça. C’est à dire qu’on va avoir un tapis rouge avec des stars pour un film indonésien. Comme à Cannes, on va essayer d’avoir des avant-premières mondiales, environ une trentaine, mais ce n’est pas non plus une obligation. Le festival de TriBeCa est à mi-chemin entre Cannes et Sundance. Les fondateurs veulent aussi un côté glamour, de culture pop américaine.

Allez-vous pousser pour que plus de films européens ou français soient présentés ?

Bien sûr. UniFrance (Ndlr : un organisme chargé de la promotion des films français à l’étranger) est ravi de ma nomination car je vais pouvoir offrir une vitrine au cinéma français, qui est de qualité. On l’a vu avec The Artist, qui est nominé aux Oscars. Les Américains aiment bien aussi les comédies françaises. Mais promouvoir les longs-métrages français, ce n’est pas non plus ma mission. Ils s’attendent aussi à ce que je leur ouvre les portes du cinéma japonais.

Quand comptez-vous vous installer à New York ?

D’ici la fin de l’année. J’ai regardé quelques appartements, qui sont d’ailleurs très chers ! C’est une nouvelle vie qui commence, totalement différente de la vie cannoise. C’est bien.

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