Subscribe

Frédéric Lefebvre : “Les Français d’Amérique du Nord ont besoin de quelqu’un d’influent”

A nouveau investi par l’UMP en Amérique du Nord, Frédéric Lefebvre estime que son expérience politique fait de lui le seul candidat capable de faire entendre la voix des Français d’Amérique du Nord à l’Assemblée nationale. Entretien.

France-Amérique : Quel regard portez-vous sur cette nouvelle campagne par rapport à celle de 2012 ?

Frédéric Lefebvre : Nous nous connaissons bien maintenant avec les Français d’Amérique du Nord. Je multiplie avec eux les réunions de travail. Il y a une vraie volonté d’avancer. La députée sortante n’a pas été inactive mais elle n’a pas été présente sur les dossiers importants pour la communauté française. Et je pense qu’aujourd’hui, il y a un certain nombre de personnes qui ont compris le rôle du député. Quand j’évoque les dossiers de retraite, de protection sociale, d’éducation, de permis de travail, je sens un intérêt. La mobilisation est plus forte que la fois dernière.

L’élection n’étant pas dans le cadre d’un scrutin national, craignez-vous que l’étiquette UMP ait cette fois moins d’importance sur le vote ?

Non, car les Français sont conscients qu’ils ont besoin d’un député qui soit une caisse de résonnance, qui ait accès aux médias, qui soit respecté à l’Assemblée nationale, et qui soit à même de négocier avec le gouvernement.

Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter après votre défaite de juin dernier ?

J’étais candidat, je n’ai pas gagné. J’aurais pu considérer qu’il était temps pour moi de faire autre chose de plus tranquille. Mais avant même de savoir qu’il y aurait cette nouvelle élection, j’ai sillonné l’Amérique du Nord. C’est une question de constance. Il n’y a pas un observateur de la vie politique qui ne souligne pas ma loyauté politique. Je suis fidèle à cette circonscription. Et puis cette élection me donne la possibilité de marier mes deux passions : la politique et l’Amérique du Nord. En France les gens considèrent qu’après un échec, il faut mettre la clé sous la porte. Mais les Français d’ici savent très bien qu’un échec c’est fait pour mieux réussir après.

Vous parlez de votre capacité d’influence. Si vous aviez été élu, qu’auriez-vous pu faire pour lutter contre la suppression de la Prise en Charge de la Scolarité (PEC), à laquelle vous étiez opposé ?

Les Français d’Amérique du Nord doivent se poser cette question : comment le député va se débrouiller pour défendre les intérêts ? Quand j’étais député, j’étais le recordman des amendements votés à l’unanimité. Je considère qu’à partir du moment où l’on maîtrise ses dossiers et que l’on est ouvert à la discussion, on a la possibilité de trouver des points de consensus. Les Français d’Amérique du Nord ont besoin de quelqu’un d’influent, de reconnu. Quelqu’un qui sera immédiatement opérationnel. La députée n’a pas été inactive mais ce n’est pas lui faire grief de dire qu’elle n’a pas été en mesure de se construire des réseaux. Elle n’était pas écoutée dans sa famille politique. Et pas plus au Parlement. Bien sûr que moi, député de l’opposition, je ne vais pas convaincre François Hollande de revenir sur la suppression de la PEC. Mais je peux obtenir du président qu’il tienne ses engagements de ne pas laisser sur le carreau des familles. Je pourrais aussi m’appuyer sur ma connaissance de l’administration locale. J’ai cet atout d’avoir noué des liens très forts avec l’administration Obama. J’ai travaillé avec des ministres, des conseillers d’Obama. On a bâti des choses.

Comment comptez-vous convaincre les électeurs – notamment de droite – qui n’avaient pas voté pour vous lors de l’élection de juin dernier ?

Quand je parle des problèmes de retraite, d’assurance aux Français que je rencontre, ils comprennent que c’est une chance pour eux d’avoir quelqu’un comme moi qui a une expérience de la politique et de l’Assemblée. Gagner une élection, c’est une question de mobilisation. Le climat en France a vraiment changé depuis juin dernier. Les Français d’Amérique voient que la France est en panne, alors que eux sont dans un pays – que ce soit le Canada ou les Etats-Unis – où il y a de la croissance. Ce décalage-là est très important dans la campagne. Nos compatriotes ont aussi vu qu’ils sont ciblés par le gouvernement. Cela va être un élément de forte mobilisation. Sur la question de l’éducation, ils n’ont pas apprécié que François Hollande n’ait pas redistribué l’argent de la PEC. De la même façon, sur la question de la fiscalité, j’avais annoncé que les Français seraient plus taxés. On l’a vu avec l’ajout de la CSG sur les plus-values immobilières, qui est un vrai coup de canif à la convention fiscale entre la France et les Etats-Unis.

Quel avis portez-vous sur les candidatures dissidentes à droite ?

Il y a une règle de loyauté politique. Lorsqu’une famille prend une décision, tout ceux qui appartiennent à cette famille doivent la respecter. Chacun est avec sa conscience. J’ai reçu une lettre de Jean-François Copé et de beaucoup d’autres membres de ma famille politique qui demandent ma voix à l’Assemblée nationale. Chacun doit mesurer que nous avons une vraie chance dans cette élection législative de changer les choses. Chacun doit prendre ses responsabilités. Je fais de la politique pour défendre un projet, pas contre les uns et les autres. Nous sommes à un moment où nos compatriotes ont envie d’envoyer un message de résistance à la France. Je n’ai pas le temps de me poser ce genre de question sur les candidatures des uns et des autres. L’essentiel de ma famille politique se mobilise avec moi. L’UMP à Boston, les jeunes UMP de Washington ont lancé récemment un appel à me rejoindre. Je sais que l’on a besoin d’unité pour gagner. Si des gens se posent des questions, très bien. Mais ils se mettent eux-mêmes à l’écart.

Le site de campagne de Frédéric Lefebvre : frederic-lefebvre.fr/campagne-2013

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related