Subscribe

Fuite de pétrole dans une réserve naturelle: “un désastre écologique”.

Une fuite sur un oléoduc a entraîné vendredi la propagation d’une nappe de 4.000 m3 de pétrole brut sur 2 hectares dans la réserve naturelle de Coussouls de Crau , un “vrai désastre écologique” pour la secrétaire d’Etat Chantal Jouanno venue constater les dégâts.

“C’est un vrai désastre écologique puisqu’on est sur une réserve naturelle, un site qui abrite des espèces rares”, a déclaré Mme Jouanno qui a interrompu ses vacances dans le Var. La Société du Pipeline Sud-Européen (SPSE) qui gère l’oléoduc reliant Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône) à l’Allemagne, avait annoncé à la mi-journée cet incident constaté à 07H57. Elle avait alors précisé que la fuite avait eu lieu dans une zone loin de toute habitation et de tout cours d’eau, sans préciser qu’il s’agissait d’une réserve naturelle. Ce n’est qu’en milieu d’après-midi que Laurent Tatin, un responsable de la réserve naturelle de Coussouls de Crau, a précisé aux journalistes qui attendaient Mme Jouanno que la pollution touchait cette zone protégée.

Il a pointé les risques de “destruction de l’écosystème et d’un impact sur certaines espèces spécifiques à la réserve, notamment le criquet de Crau et le Ganga Cata”, un oiseau que l’on ne trouve en France que dans la plaine de La Crau. Cette réserve de 7.400 hectares, au nord-ouest de l’étang de Berre, est “la dernière steppe sèche d’Europe”, a indiqué la préfecture qui a ajouté que des “espèces endémiques ont été touchées mais ne sont pas menacées” et que “cette pollution aura des conséquences durables sur l’environnement touché”. Guillaume Paulus, le garde de la réserve qui a découvert la fuite vendredi à 07H30, a dit avoir vu “un geyser de trois à quatre mètres”. Arrivée sur place en fin d’après-midi, la secrétaire d’Etat a précisé que 4.000 m3 de pétrole s’étaient déversés sur deux hectares de la réserve naturelle, qui a été créée en 2001, tandis que l’oléoduc date de 1971.

“Il y a plusieurs pipes (pipeline/oléoduc: NDLR) qui passent sous cette zone protégée. C’est un témoignage de notre histoire, à l’époque cela n’avait d’importance pour personne. Aujourd’hui cela a de l’importance et les pipes sont contrôlés très régulièrement”, a-t-elle déclaré à la presse qui a été tenue à l’écart de la zone polluée. Sur place, une vingtaine de pompiers et d’employés de sociétés privées étaient mobilisés dans un paysage plat et désertique, survolé par des hélicoptères. “Le pompage est en cours, ça avance vite”, a souligné Mme Jouanno. Il devrait se terminer dans les 48 heures, selon la préfecture qui indique également que “la phase de dépollution du site durera près d’un mois”.

“Il n’y a pas de risque sanitaire. A ce jour, il n’y a aucun problème sur la consommation d’eau”, a ajouté la secrétaire d’Etat, précisant que la nappe phréatique se situe à plus de 10 mètres de profondeur. Selon la SPSE, l’incident n’aura pas de conséquences pour ses clients et les raffineries n’enregistreront “pas de rupture de stock”. Concernant “l’origine de l’accident, il faudra faire toute la lumière sur cette affaire et en tirer les conclusions, c’est l’exploitant qui est responsable”, a prévenu Mme Jouanno.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Tarascon et confiée à la gendarmerie pour déterminer l’origine de la rupture de l’oléoduc. De son côté, le maire de Fos-sur-Mer, présent sur les lieux, a demandé à la secrétaire d’Etat “de ne plus faire traverser les villes par des pipelines”.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related