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Fulcrum transforme des ordures en énergie

La Californie du nord, terre de découvertes et d’innovations pour les technologies de pointe et l’informatique, l’est désormais aussi en matière d’environnement. Les chercheurs d’or vert californiens sont à l’affût de tout nouveau procédé permettant d’économiser ou de développer de nouvelles énergies. À l’exemple de Fulcrum Bioenergy, une jeune entreprise implantée à l’est de San Francisco, qui transforme les déchets ménagers en éthanol. Interview de Richard D. Barraza, son vice-président.

Comment passe-t-on d’une masse de déchets à un gaz combustible tel que l’éthanol ?
Nous trions d’abord les déchets municipaux et retirons tous les métaux et autres matériaux non organiques qui ne peuvent pas être transformés en éthanol. Le reste des déchets organiques est découpé en morceaux puis envoyé dans un « gazéifiant » où ils sont convertis en gaz de synthèse, principalement composé d’un mélange d’hydrogène et de dioxyde de carbone. Puis ce gaz de synthèse passe à travers un catalyseur qui le transforme en éthanol. C’est cette partie précise du processus qui forme la propriété intellectuelle de Fulcrum Bioenergy. L’éthanol, enfin, est purifié puis vendu pour être mixé avec de l’essence (ndlr, la réglementation américaine impose à tous les producteurs d’essence de la mixer avec 10 % de bio-éthanol). (Pour voir un schéma du procédé de transformation, cliquez ici).

Quand Fulcrum a-t-elle été créée et où se situera l’usine de production d’éthanol ?
En 2007, deux investisseurs privés ont décidé de recruter une équipe d’ingénieurs pour mettre en œuvre et développer leur procédé. Nommé président, monsieur Macias, et d’autres ingénieurs ont tout d’abord cherché quelle serait la technologie la plus efficace et la plus facilement commercialisable. L’équipe décide alors de travailler avec les déchetteries et de construire la première usine à proximité d’une décharge afin d’éviter la pollution générée par les transports. Notre usine sera finalement située à proximité de Reno (Nevada) et devrait être achevée dans le courant de 2011.

Quelle quantité d’éthanol estimez-vous pouvoir produire par an ?
Nous devrions produire près de 40 millions de litres d’éthanol à partir de 90 000 tonnes de déchets municipaux par an.

Quels sont les avantages des déchets par rapport aux autres biocarburants (ndlr, combustibles dérivés de matériaux biologiques tels que le maïs, le soja, l’herbe ou le bois) ?
Le principal inconvénient des autres biocarburants est la disponibilité des matières premières : les surfaces, majoritairement cultivables, utilisées pour la production alimentaire, ne sont pas extensibles. La question ne se pose pas pour les déchets. En 2006, les États-Unis ont généré plus de 250 millions de tonnes de déchets. Et ils sont le plus grand producteur de déchets au monde. Or 65 à 85 % des déchets que nous produisons chaque année peuvent être transformés en gaz. Autre avantage de ce procédé : il permet de réduire les émissions de méthane produite lors de la dégradation des déchets. Ce qui n’est pas négligeable puisque le méthane est l’un des gaz à effet de serre les plus nocifs (ndlr, le méthane est 25 fois plus puissant que le CO²).

Beaucoup de jeunes sociétés se lancent comme vous dans la transformation de déchets en gaz combustible. Certains géants de l’industrie pétrolière tels que General Motors ou Shell sont également en train de prendre des parts de marché. Comment comptez-vous vous démarquer ?
Il est vrai que beaucoup d’entreprises suivent cette voie mais très peu ont adopté le même procédé que nous. Et puis, la compétition est stimulante en un sens !

Infos pratiques :

Le site de Fulcrum Bioenergy: http://fulcrum-bioenergy.com/

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