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Gad Elmaleh : “Je suis en admiration devant les humoristes américains”

Le comique préféré des Français se produira dans six villes américaines en avril prochain. Entre deux spectacles, l’artiste maroco-canadien s’est entretenu avec France-Amérique.

France-Amérique : A 17 ans, vous avez décidé de quitter le Maroc, votre pays natal, pour vous rendre au Québec. D’où vous vient cette attirance pour l’Amérique ?

Gad Elmaleh : Je pense que c’est avant tout un rêve d’enfant. Depuis tout petit, je suis en admiration devant les humoristes américains. Lorsque je vivais au Maroc, je n’avais qu’une seule envie, c’était de découvrir le monde, de partir loin de ma famille et surtout de me réaliser comme tous les jeunes d’aujourd’hui. D’ailleurs, je suis bien content de l’avoir fait. Je dis souvent ceci : si on écoute vraiment tout ce que racontent nos parents, on n’accomplit pas grand chose.

Vos spectacles tournent souvent autour des différences entre les Etats-Unis et la France. Pensez-vous que ces deux cultures sont si éloignées ?

Ce qui m’intéresse pour mes one-man shows, ce sont justement les décalages entre ces deux cultures. Ils sont pour moi sources de comédie. Lorsque je me rends dans les deux pays, j’aime bien souligner leurs dissemblances et les tourner en dérision dans mes sketchs. Ce qui peut paraître malhonnête d’un côté mais bien de l’autre. La version du spectacle prend bizarrement des tendances différentes en fonction de là où je me produis et surtout du public. En ce moment, je joue exactement les mêmes sketchs que j’ai réalisés devant la communauté française et francophone d’Amérique en novembre 2012, mais en France, en Angleterre et au Maroc. J’ai remarqué qu’ils suscitent un regard beaucoup plus critique sur l’Amérique que sur la France. C’est assez étonnant.

Justement, comment percevez-vous le public américain par rapport au public français ?

Le vrai public composé à 100% d’Américains, je ne le connais pas réellement. Cependant, j’ai le projet de travailler sur des shows en anglais. Donc, j’espère qu’à l’avenir, j’aurais la chance de l’expérimenter. Par contre, dès que je monte sur scène devant le public francophone des Etats-Unis, je ressens que je ne crée plus un spectacle mais un événement. Je trouve cela formidable. De vrais liens se tissent entre Français et francophones vu qu’ils se retrouvent tous ensemble. Et j’insiste sur le terme “francophonie” car son but est surtout de réunir les personnes du Maghreb, du Moyen-Orient, de la Belgique, de la Suisse, de l’Afrique et encore bien d’autres pays… Je trouve ce symbole de rassemblement assez admirable et assez fort.

Cette année, vous repartez pour une tournée au mois d’avril à Philadelphie, Boston, New York, Washington, San Francisco et Los Angeles. Parlez-nous de ce spectacle que vous allez transmettre au public américain.

Pour ce spectacle, je mise sur la notoriété. Est-ce que c’est celui de la maturité, comme diraient les chanteurs à un moment donné ? Je parle avant tout de ce que j’ai entrepris en France, de mon rêve de partir aux Etats-Unis, qui reste toujours assez drôle, et du recul que je prends par rapport à tout ça. Je déteste l’idée de me prendre au sérieux là-dessus. J’explique que le rêve français existe encore. En France, on a toujours cette petite voix qui nous dit “Oh oh, ça va ne t’emballe pas”. Alors qu’aux Etats-Unis, ce n’est pas le cas et c’est une manière très intelligente de voir les choses. Mon mélange de cultures occupe aussi une place très importante dans ce show. Je suis marocain et fier de l’être. J’ai besoin de me sentir connecté à mes origines dans l’écriture de mes sketchs. C’est une vraie source d’inspiration que j’aime relier aux situations du quotidien et aux relations humaines dans leur universalité. Cette représentation découlera totalement d’une version du stand-up américain. J’aurai un micro dans les mains et je m’adresserai directement au public. Un concept que je dois à mon cher ami et idole, l’humoriste américain Jerry Seinfeld.

“Where is Brian ?”, c’est la phrase culte que l’on retient de votre show L’Autre C’est Moi monté en 2005…

En fait, Brian, c’est le prénom que je retrouvais partout dans mes cours d’anglais. Même maintenant, il existe toujours dans les manuels de collège de la collection “Speak English”. J’ai tout simplement répété et souligné l’absurdité en expliquant que ce n’est pas en sachant où est ce Brian (que l’on ne connaît absolument pas) qu’on va commencer à apprendre l’anglais. C’est plutôt comique comme aperçu. Ce genre de succès part toujours de certaines vérités.

Vos fans se sentent immédiatement connectés à vos one-man shows. Puisez-vous vos idées de sketchs dans votre quotidien ?

Complètement. Je n’arrête pas de m’inspirer de mon quotidien, que ce soit de ma vie de tournée ou de ma vie de couple. Dans mon nouveau spectacle “Sans Tambour…”, j’ai préparé tout un chapitre sur les animaux. Lorsqu’un homme emménage avec sa copine, il devient très vite jaloux de la relation qu’elle peut entretenir avec son chien ou son chat. J’ai donc décidé de développer cette situation en partant dans le surréalisme total.

Dans le film Un bonheur n’arrive jamais seul, vous avez joué en compagnie de Sophie Marceau, des scènes à Paris et à New York. Dans quelle ville avez-vous préféré tourner ?

J’ai adoré tourné à New York. J’apprécie l’énergie et la dynamique de cette ville. Elle correspondait parfaitement à mon personnage, dont le rêve est de réaliser une comédie musicale à Broadway. C’est un endroit trépident où je prends plaisir à aller, à m’amuser et à me produire. J’affectionne malgré tout le romantisme de Paris. Les scènes filmées au Parc Monceau, dans cette jolie voiture, sous le soleil, sont quand même d’agréables souvenirs.

En trois ans, vous avez joué dans beaucoup de productions américaines comme Midnight in Paris de Woody Allen, Les Aventures de Tintin : le Secret de la Licorne de Steven Spielberg, The Dictator de Larry Charles ou encore Jack et Julie de Dennis Dugan. Avez-vous d’autres projets de films américains en 2013 ?

Non, pas de film américain pour le moment. Je serai à l’affiche d’une production française, L’Ecume des Jours, dirigée par Michel Gondry, qui demeure de nos jours un réalisateur très prisé à l’international. C’est une adaptation du roman culte de Boris Vian où je jouerai le rôle de Chick aux côtés de Romain Duris, Audrey Tautou et Omar Sy. Par contre, ce que vous pouvez me souhaiter de mieux en tant qu’humoriste, c’est d’accomplir mon stand-up “in english”.

Toutes ses dates de spectacle aux Etats-Unis :


Philadelphie

2 avril

World Café, 19h30

Réservations (COMPLET)

 

Boston

3 avril

Oberon Theater, 19h30

Réservations (COMPLET)

 

New York

4 et 6 avril

City Winery, 20h

Réservations (COMPLETS)

 

Washington

8 avril

Birchmere, 19h30

Réservations (COMPLET)

 

San-Francisco

10 et 11 avril

Bimbo’s, 20h30

Réservations (COMPLETS)

 

Los Angeles

12, 13, 15 et 16 avril

Largo, 20h

Réservations (COMPLETS)

 

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